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Docteur Jean-Georges Rozoy


Résumé des abréviations utilisées dans les articles : consulter la liste.

22.06.1995

Dr J.-G. Rozoy

HISTOIRE DES IDÉES SUR LE MÉSOLITHIQUE



1 : Paléolithique et Néolithique, le problème du "hiatus"

C.-J. Thomsen en 1836 crée la Protohistoire en classant les Antiquités du Musée national de Copenhague en trois sections distinguant les Ages de la pierre, du bronze et du fer. J. Boucher de Perthes en 1847 crée la Préhistoire proprement dite en montrant que l'Homme fut contemporain d'animaux disparus. Suivront les fouilles de Lartet en 1860 et sa proposition en 1861 d'une chronologie fondée sur les animaux d'accompagnement, la création des Congrès Internationaux d'Archéologie et d'Anthropologie Préhistoriques, la création par J. Lubbock en 1865 des termes Paléolithique et Néolithique, et en 1869 la classification de G. de Mortillet par l'industrie humaine, encore en vigueur. Il apparaît aussitôt une opposition flagrante entre les deux âges de la pierre : l'âge ancien (du grec palaïos, ancien, lithos, pierre) et l'âge nouveau (du grec neos, nouveau). L'opposition est aussi bien dans les industries (pierre taillée et art réaliste animalier, pierre polie et céramique avec idoles humaines grossières) que dans les circonstances (glaciation et animaux disparus, climat tempéré et animaux actuels et domestiques) et dans le mode de vie (chasseurs, agriculteurs).

L'idée d'un hiatus entre ces deux âges, d'une époque toute entière où la France et, plus largement, l'Europe occidentale auraient été désertes parce qu'inhabitables, "envahies par la forêt", est évoquée dès les premiers Congrès internationaux. Emile Cartailhac l'exprime sous une forme absolue dès 1872. Il y revient constamment : "Il n'y a pas de transition chez nous, il y a un intervalle" (1873, p. 649). Il défendra cette idée très longtemps, en 1905 le "père du hiatus" défendra encore son enfant contre toute vraisemblance (p. 244-248). Mais G. de Mortillet (1874) est plus positif : le hiatus n'est pour lui "qu'une simple lacune de nos connaissances. Il ne représente pas une véritable lacune dans le temps et dans l'industrie (...) entre les deux époques il n'y a pas eu une période où l'Europe était inhabitable; seulement les restes de l'époque de transition ou de passage n'ont pas encore été trouvés et reconnus"

Le hiatus sera officiellement comblé par E. Piette (1889) avec la découverte de l'Azilien, que G. de Mortillet, par rivalité philosophique, nommera Tourassien (le terme n'a pas survécu). La chronologie sera complète en 1909 lorsque J. de Morgan, reprenant le terme oublié de H. Westropp (1866, Smith 1962), recréera le Mésolithique en y incluant le Tardenoisien, qui comprenait alors toutes les industries "à microlithes géométriques". Mais, comme beaucoup d'idées fausses, le hiatus avait la vie dure : entre les deux guerres mondiales, le Mésolithique ne s'imposera que très lentement, et le hiatus se manifestera encore après la seconde guerre sous des dehors à peine atténués : Gordon Childe écrira en 1963 (p. 66) : "la population avait d'abord diminué, puis disparu". A. Varagnac publiera en 1960 : "poussés vers le rivage par l'extension de la forêt vierge" et "ils gobèrent des coquillages à longueur de générations". A l'origine le soi-disant hiatus était avant tout celui du tamisage : les couches mésolithiques, par exemple celles de Laugerie-Basse, traversées à la pioche, n'avaient pas été identifiées. Mais il y a un arrière-fonds plus inconscient : cultivateurs enrichis que nous sommes tous, nous avons du mal à croire que la forêt soit humainement habitable. Comme les légions de César, qui avaient de la forêt ardennaise une peur superstitieuse, G. Childe et les citadins modernes répugnent à s'imaginer les Mésolithiques aussi à l'aise dans une forêt que des poissons dans l'eau. J.G.D. Clark, en 1980 (p. 41), parle encore de "lutter contre la forêt". Les archers mésolithiques n'ont pas eu à lutter contre elle, ils s'y sont adaptés. Il était difficile de comprendre cette adaptation tant qu'on n'avait pas saisi (avec beaucoup de retard en France) que les armatures microlithiques prouvaient l'usage généralisé de l'arc et de la flèche comme moyen essentiel et presque unique de subsistance.

2 : Le Mésolithique : les théories successives

Etablir la succession chronologique des industries, combler le hiatus en prouvant la présence humaine pour tous les stades climatiques postérieurs au Magdalénien, était certes positif. Cela n'expliquait toutefois ni l'origine de chaque ensemble, ni la nature de ceux-ci. Les théories à ces sujets n'allaient pas manquer, plus souvent en fonction des idées générales du moment que des faits observés.

Le Campignien. Après la fouille sommaire d'une fosse néolithique au lieu-dit "Le Campigny" à Blangy-sur-Bresle, en Normandie (Salmon 1886), on dénomma Campignien, ce qui n'était pas grave, mais on plaça avant le Néolithique à côté du Tardenoisien, ce qui l'était beaucoup plus, des silex taillés (dont des haches non polies et des tranchets, mais sans armatures microlithiques) ramassés en surface, où la céramique est détruite par la charrue, et qui paraissaient plus "grossiers" que le "Robenhausien" (nom que portait alors le Néolithique à haches polies). Dans des gisements clos l'on eût trouvé la céramique et les os des animaux domestiques ! Cette erreur de méthode, reprise par L.R. Nougier en 1950, vicia toute idée sur le Mésolithique pendant 80 ans. Elle s'explique en partie par la comparaison avec le Mésolithique des tourbières scandinaves et du Nord de l'Allemagne, qui comporte des haches taillées et des tranchets, et dont les armatures microlithiques étaient ignorées en France, malgré leur publication en Français par Friis-Johansen en 1919. G. Bailloud (1971), M.-Cl. Cauvin (1971) et J.-G. Rozoy (1971) achevèrent de débarrasser le Mésolithique de ce Campignien intrusif. La voie était alors ouverte, tardivement en France, à une compréhension correcte.

Les armatures microlithiques ont été longtemps incomprises en France, malgré l'avis des premiers inventeurs (Vielle 1889, de Mortillet 1896), et la découverte à Téviec (Morbihan), publiée en 1931 par les époux Péquart, d'une armature fichée dans une vertèbre, où elle ne pouvait être parvenue qu'au bout d'une flèche (fig. 1). D'autres faits confirmèrent, qui furent ignorés (fig. 2). Les interprétations les plus farfelues étaient avancées : outils pour extraire les escargots de leurs coquilles, outils à tatouer, à scarifier pour obtenir de belles cicatrices, à forer le chas des aiguilles en os, burins de graveurs, hameçons à deux pointes, outils à racler, à inciser, à couper, et même "à réparer les pointes de flèches en bois" ! Ne s'intéressant pas, ou si peu, aux moyens de se procurer la nourriture (c'est vulgaire !), ni même à la différence essentielle entre prédation et production, les chercheurs à formation littéraire des années 20 et 30 ne pouvaient guère avancer sur le Mésolithique ou sur le microlithisme une théorie cohérente. Le Mésolithique, encombré du Campignien, n'était alors qu'un expédient inévitable, sans unité.

Les migrations. Le système du fossile directeur unique, très vaguement défini (un recul manifeste, une méthode fossile), domina toute la première moitié du XX° siècle. Il en découla, auréolée de romantisme littéraire, la théorie des migrations. Ce fut une contagion depuis la Protohistoire, où certaines migrations ont été réelles. Le "Tardenoisien" vint donc de l'Inde, puis d'Afrique, soit de Tunisie (Capsien) par Gibraltar et l'Espagne, ou par Pantellaria, Malte et l'Italie, soit d'Egypte par le Proche-Orient, et de toutes façons via la Méditerranée. On vit même jusqu'en Australie "ces tribus vagabondes porteuses de microlithes peu encombrants" (Vignard 1954). Dans le même temps, des "tribus" munies du tranchet et de la hache "s'avançaient le long des rives de la Baltique" (Breuil 1937), car ces sauvages ne pouvaient être que des nomades, donc des errants en quête perpétuelle de nouveaux territoires. Nouvelle contagion de la Protohistoire, car cela est le propre des cultivateurs ou pasteurs, qui épuisent la terre ou les pâturages, ou des guerriers se cherchant des esclaves. L'évolution sur place put être démontrée assez facilement (Rozoy 1978), mais il y fallait une typologie détaillée, et revenir au conseil de Cartailhac (1873) repris et affiné par F. Bordes (1950) : traiter non une partie choisie, mais tout l'ensemble de l'industrie et des documents existants. Daniel et Vignard (1953) détaillèrent les armatures, la typologie de Rozoy (1969) et du G.E.E.M. (1969, 1972, 1975) en est l'approfondissement et le complément. L'évolution continue des outils mésolithiques, en mosaïque temporelle et spatiale (Rozoy 1992 a), est particulièrement évidente. Le cerveau humain a fait de nouveaux progrès (Rozoy 1994 a).

Le misérabilisme. Ne voyant pas l'énorme progrès représenté par l'arc et la flèche (Rozoy 1992 b), les esthètes, obnubilés par la disparition de l'art figuratif, aveugles à l'élévation du niveau d'abstraction, déclarèrent les Mésolithiques "dégénérés" et menant une vie "misérable". C'est l'idée des "rôdeurs de grèves" ("strandloopers", Clark 1955, Evans 1969), qui ne tient aucun compte des os de mammifères signalés dans les déchets de cuisine dès 1865 (Lubbock), des calculs de rations alimentaires (peuh ! des mathématiques !), ni des centaines de sites de l'intérieur. Ce délire des littérateurs, version à peine atténuée du hiatus, dérive du sentiment inconscient "hors de l'art point de salut". Le Mésolithique, bien au contraire, est un stade décisif de grand progrès en tous domaines (Rozoy 1993).

Les attardés. Les gisements de surface doivent être utilisés avec les plus grandes précautions. Des ramassages trop larges y rendent certain le mélange d'industries de plusieurs époques, qui étaient séparées sur le sol. Il faut toujours s'appuyer sur la comparaison avec des gisements clos : fosses, stratigraphies, où l'on doit cependant se méfier des contaminations entre couches voisines par des terriers d'animaux ou des cryoturbations. L'utilisation des collectes de surface, déjà responsable de l'erreur du Campignien (v. ci-dessus), a mené à décrire comme "Néolithique (ou même Chalcolithique) de tradition tardenoisienne" des mélanges entre vestiges séparés (en stratigraphies et en datations par le radiocarbone) par un ou plusieurs millénaires. Les incertitudes et difficultés de ces mêmes procédés de datation et les pièges des fosses néolithiques, qui ne sont pas closes à l'égard des époques antérieures, ont mené aussi d'excellents auteurs à soutenir la survivance des chasseurs mésolithiques à côté des premiers agriculteurs ou même plus tardivement, pendant le Néolithique moyen, voire jusqu'à l'Age du Bronze ! Il y avait dans cette théorie des "attardés" (maintenant largement laissée de côté) une nuance de mépris à l'égard de ces "sauvages" incapables, pensait-on, de s'adapter au progrès (voir au n° 5 les progrès mentaux propres au Mésolithique, Rozoy 1990). Une coexistence a certes dû se produire, comme aujourd'hui entre les Bushmen d'Afrique du Sud et les agriculteurs zoulous, mais elle a été, comme à l'époque actuelle, des plus brèves : un siècle ou deux, au plus.

La notion de culture. A quelque chose malheur est bon ! La théorie des migrations, parce qu'elle personnalisait un groupe humain, contenait en germe la vision de nos ancêtres comme des groupes organisés, la conception des vestiges préhistoriques comme les traces de sociétés définies. Cette façon de voir s'est depuis généralisée et affinée. Certains auteurs parlent de civilisations, mais ce terme qui dérive de civis, citoyen, ne paraît pas adapté pour les groupes préhistoriques et, avec Gordon Childe (1951), on les nomme généralement des cultures. Les buts, problèmes et limites de leur étude ont été clairement exposés par F. Bordes, J.Ph. Rigaud et D. de Sonneville-Bordes (1972). La délimitation, la description et l'étude des cultures sont actuellement les problématiques essentielles de notre science (v. 6). Sans prétendre résoudre le problème sémantique corrélatif (une culture est-elle l'ensemble des vestiges ou l'ensemble des comportements qui ont entraîné l'existence de ces vestiges), on peut utiliser la notion suivante : une culture préhistorique est un ensemble de traits distinctifs de toutes sortes (quantitatifs et qualitatifs) caractérisant les vestiges de tous ordres laissés par un groupe social cohérent vivant à un moment défini sur un certain territoire dont il exploite les ressources d'une certaine façon. Une culture préhistorique n'englobe pas seulement les caractères des industries du silex et de l'os (du bois éventuellement) etc, mais aussi ceux des plans d'occupation des sites et du territoire, des animaux chassés ou élevés, des plantes utilisées ou cultivées, des sépultures, des manifestations idéologiques, de l'art, et de façon générale tout indice pouvant montrer comment le groupe social perçoit et utilise la nature ambiante ainsi que les relations de ses membres entre eux ou avec d'autres groupes.

Les causes des changements. Le hasard d'une presque coïncidence entre le passage au Mésolithique et la fin de la glaciation, qui ne sont ni l'un ni l'autre ponctuels, a provoqué bien des obscurités et des débats sur une relation de cause à effet. On a longtemps défini, pour cette seule limite, comme paléolithique ce qui est glaciaire (donc l'Azilien, le Laborien, l'Ahrensbourgien et les cultures parallèles de l'Alleröd et du Dryas III) et comme mésolithique ce qui est post-glaciaire : les industries à "microlithes géométriques". Pour rechercher ensuite les causes des changements d'industries et conclure doctement que le changement de climat les avait provoqués. Ce splendide raisonnement circulaire vaut d'être cité en exemple dans les cours de philosophie. L'analyse plus fine des climats successifs et des industries montre que par trois fois les changements d'outillages précèdent la variation climatique dont on voudrait les faire dépendre (fig. 3) : la microlithisation débute en plein Dryas II dans la toundra (et, par-ci, par-là, avant) pour se poursuivre à l'Alleröd dans une forêt claire. La technique de section oblique des lamelles, base du Mésolithique, débute dans la toundra du Dryas III pour se poursuivre dans la forêt du Préboréal. Et les trapèzes typiques commencent partout à 7800 B.P. (non calibré) alors que l'Atlantique débute vers 7500 (Rozoy 1989). Il est donc clair que la cause des changements est humaine, des inventions techniques nécessitent de nouveaux outils. D'excellents chercheurs s'obstinent toutefois à considérer l'Azilien (et même l'Ahrensbourgien et le Laborien) comme paléolithiques, "à cause du style de débitage", évidemment hérité du Magdalénien. C'est à nouveau le débat entre l'art et la technique. Les uns donnent priorité pour définir les cultures humaines aux moyens de prédation (l'arc et la flèche, qui nourrissent le chasseur), les autres à l'élégance de leur emploi. Le débat se poursuit. On peut montrer (Rozoy 1994 b) que le changement essentiel est celui des outils (armes de chasse) et que le débitage y sera adapté avec retardement, d'où la divergence en question qui ne porte que sur les dénominations.

3 : Les premières cultures mésolithiques reconnues

L'Azilien. E. Piette le découvre dans l'énorme grotte-tunnel du Mas d'Azil (où passent la rivière Arize... et la route) et le publie en 1889, sans lui donner de nom au moins jusque 1892, comme la première couche de l' "époque de transition", ce qui ne veut rien dire d'autre que Mésolithique (ce terme ne sera généralisé que vingt à trente ans plus tard, v. ci-dessus). Par opposition philosophico-religieuse avec Piette, G. de Mortillet préféra en 1894 nommer l'époque nouvelle Tourassien, mais c'est Azilien qui l'a emporté. C'est ultérieurement que l'Azilien sera rattaché au Paléolithique supérieur, essentiellement à cause de son style de débitage, à l'évidence découlant de celui du Magdalénien, et du fait du peu d'intérêt accordé par certains chercheurs à la base matérielle de la vie des chasseurs, les armes qui permettent de manger. Le caractère déjà microlithique des pointes à dos aziliennes si diverses avait frappé Edouard Piette, mais à l'époque il eût été considéré comme excessif de s'attacher autant à un tel fondement "matérialiste". E. Piette caractérisait ce "groupe d'assises" par "des galets peints, des harpons plats" et des "instruments en forme de lames de canif finement taillés". Ce dernier terme a été traduit littéralement en Allemand sous le nom de "Federmesser", et constitue pour toute l'Europe centrale un repère chrono-typologique essentiel, avec la désignation de "Paléolithique tardif" qui prête aux mêmes commentaires au sujet des dénominations.

E. Piette avait reconnu au-dessus de l'Azilien un "Arizien", "assise à escargots et amas coquilliers", qui ne pouvait que correspondre à un Azilien évolué avec des armatures de type mésolithique. Les récoltes d'E. Piette et sa distinction des niveaux étaient malheureusement peu précises, il ne subsiste aucun témoin stratigraphique et en 1935-1942 M. et St J. Péquart tenteront en vain sur le terrain de définir les caractères de l'Azilien et surtout de l' "Arizien" décrits par E. Piette. Le terme d'Azilien est actuellement appliqué à deux cultures sensiblement analogues et synchrones de la définition initiale de l'inventeur : l'Azilien pyrénéen d'une part, reprécisé à La Tourasse et en d'autres sites par différents chercheurs, l'Azilien périgourdin de l'autre, pour lequel la thèse de D. de Sonneville-Bordes (1960) demeure, au milieu d'autres travaux, une base essentielle. On désigne comme "Aziloïdes" les cultures parallèles d'autres régions.

Le Tardenoisien. Entrevues un peu partout par une bonne douzaine d'auteurs qui n'en avaient pas saisi tout l'intérêt, les armatures microlithiques sont révélées et décrites en 1885 comme une industrie spéciale par Emile Taté à La Sablonnière de Coincy (fig. 4) et par A. de Mortillet à Hédouville. Divers sites du Tardenois sont ensuite publiés par E. Vielle et d'autres. Le rôle centralisateur d'A de Mortillet aboutit en 1896 à une étude d'ensemble qui fut le véritable lancement médiatique du microlithisme. G. de Mortillet intègre en 1897 le Tardenoisien à son système, le plaçant entre le Tourassien (Azilien) et le Campignien, ce dernier considéré par lui comme le début du Robenhausien (Néolithique). Beaucoup d'auteurs toutefois placeront le Tardenoisien à la base du Néolithique. E. Vielle et A. de Mortillet avaient compris le rôle d'armatures de flèches, qui sera ensuite oublié (en France) pendant trois-quarts de siècle, mais c'est seulement à la fin des années 30 que les fouilleurs rendront compte des outils du fonds commun, peu nombreux dans cette culture.

"Tardenoisien" restera longtemps synonyme d' "industries à microlithes géométriques", jusqu'aux individualisations à peu près synchrones du Maglemosien, de l'Erteböllien et du Sauveterrien. En réalité le caractère géométrique est sans importance ni unité, car beaucoup d'armatures, ainsi la pointe du Tardenois, ne sont pas géométriques, et les divers géométriques figurent (avec d'autres éléments) dans des périodes différentes : les triangles, surtout au Mésolithique ancien et moyen, les trapèzes typiques, au Mésolithique récent et final. C'est avec l'isolement des cultures (v. 2) que le sens du mot Tardenoisien va se rétrécir. Malheureusement, à la suite des travaux de E. Octobon et de R. Daniel (1934, 1948), le facies à triangles (qui a pourtant la priorité) avait été oublié, et Tardenoisien était devenu synonyme d'industries à trapèzes, si bien que L. Coulonges, créateur du Sauveterrien, dénommera Tardenoisien (I, II, et III) ses couches supérieures à trapèzes, dont les outils communs sont en parfaite continuité avec ceux des couches sauveterriennes sous-jacentes, et très différents de ceux du Tardenoisien. Les trapèzes ne sont d'ailleurs pas les mêmes que ceux du Tardenois. Une nouvelle source de confusion était ainsi introduite au moment même où l'évolution vers la notion de culture commençait à clarifier les choses.

Le Tardenoisien est maintenant considéré comme une culture mésolithique parmi beaucoup d'autres. Il couvre une bonne part du Bassin parisien et il se divise au cours du stade moyen en deux cultures-filles de part et d'autre de la Seine : un Tardenoisien-Nord (autour du Tardenois) et un Tardenoisien-Sud (vallée du Loing etc). Le Tardenoisien ancien et moyen est synchrone du Sauveterrien classique, le Tardenoisien récent et final est contemporain des couches supérieures à trapèzes des stratigraphies du Sud-Ouest, dont les dénominations sont actuellement controversées : Sauveterrien supérieur à trapèzes, Prérocadourien et Rocadourien, etc.

Le Maglemosien et l'Erteböllien. Les amas de coquilles danois (Kjökkenmöddinger : déchets de cuisine) étaient connus depuis les années 1830, et ont été en grande partie la base du système des trois Ages (voir 1). Mais il y avait alors un seul Age de la pierre; la distinction du Paléolithique sera le fait de J. Boucher de Perthes. Maglemose (Le grand marais) est un site fouillé dans la tourbe à Mullerup (Seeland, Danemark) par G. Sarauw dès 1900, publié en 1903 et comparé alors à l'Azilien, car évidemment antérieur aux amas de coquilles. En fait, il est parallèle au Sauveterrien, les armatures microlithiques y sont de type résolument mésolithique, mais leur importance n'apparaîtra que peu à peu. Plusieurs fouilles viendront confirmer, dont celle de Svaerdborg (fig. 5), où il y a plus d'armatures qu'à Mullerup (Friis-Johansen 1919, en Français, cet auteur et Sarauw considèrent les armatures comme des éléments de flèches). Progressivement, la notion d'une "culture de Mullerup" (Koch 1916), d'un "groupe culturel baltique" (Friis-Johansen 1919) s'imposera : en 1921 l'abbé Breuil parle déjà de Maglemosien, Schwantes (1925) de "Kern-und-Scheibenbeile Kulturkreis" (groupe culturel des haches et tranchets). Il y a donc alors pour l'Europe mésolithique (le terme commence à entrer en usage) une dichotomie : Maglemosien (avec microlithes, haches et tranchets) / Tardenoisien (sans macrolithes). Mais l'Asturien (G.T.P.C. 1979) viendra compliquer le tableau. Le souci de la chronologie demeure essentiel, et les distinctions régionales se préciseront lentement. On reconnaîtra dans le Maglemosien les groupes culturels de Maglemose et de Duvensee dans le même temps où L. Coulonges, qui avait d'abord publié (avec D. Peyrony, en 1927) le Martinet sous le nom de Tardenoisien, en distinguera le Sauveterrien. Au Danemark sera aussi individualisé l'Erteböllien des amas de coquilles (plus récent, avec des trapèzes et des flèches tranchantes, et passant au Néolithique). Ultérieurement le Kongemosien prendra place au VI° millénaire entre le Maglemosien des VIII° et VII° millénaires et l'Erteböllien du V° et ensuite. Les cultures reconnues actuellement sont beaucoup plus diverses.

4 : Le Sauveterrien

Laurent Coulonges individualise le Sauveterrien en 1928. Il avait d'abord publié la stratigraphie du Martinet (avec D. Peyrony) en 1927 sous le nom de Tardenoisien. Il crée le terme nouveau l'année suivante : "COUCHE 2 : SAUVETERRIEN : appellation toute gratuite d'un facies spécial d'une des industries pygmées se rencontrant en place dans plusieurs gisements à Sauveterre, et qu'il y aurait lieu de distinguer dans la chronologie préhistorique" (...) "Il y a quelques lames ou couteaux assez rares, mais le fond de cet outillage est composé de minuscules lamelles à dos abattu, petites pointes, de microlithes géométriques triangulaires et de petits burins à bec Tardenoisien." Les niveaux publiés par L. Coulonges sont, de bas en haut : Magdalénien, Sauveterrien, "Tardenoisien", Robenhausien (c'est-à-dire Néolithique). Marcelin Boule (1928) écrira immédiatement que cette fouille est "des plus importantes puisqu'elle nous donne pour la première fois une série stratigraphique montrant le Mésolithique." Le souci chronologique domine ce commentaire. Même Marcelin Boule ne voyait pas encore que L. Coulonges, en même temps qu'il confirmait brillamment une succession depuis longtemps affirmée, entreprenait le démantèlement de la nébuleuse beaucoup trop vaste du "Tardenoisien" (du Portugal à l'Ukraine !) au profit d'une mosaïque de cultures régionales différenciées.

La perfection n'étant pas humaine, le travail si essentiel de L. Coulonges avait besoin de quelques précisions et compléments. Le "microburin" (terme regrettable inventé par l'abbé Breuil) est encore considéré par Coulonges comme un outil : il reviendra à E. Vignard de prouver une troisième fois et de vulgariser ce que Chierici (1875), puis Siret (1893) avaient établi : il s'agit d'un déchet spécifique d'une certaine façon de couper une lamelle pour faire des armatures microlithiques. L. Coulonges, en accord avec son temps, ne retient pas comme outils les éclats retouchés et denticulés si abondants, son inventaire (qui n'est pas comptabilisé) est donc fortement dominé par les armatures, où les hypermicrolithes lui échappent (A. Turq en a trouvé depuis au Roc Allan). Plus grave, il modifie entre 1927 et 1935 sa présentation des couches : en 1927, avec D. Peyrony, comme en 1928, le "Tardenoisien" est présenté très correctement sous le Néolithique, celui-ci contenant la figure humaine, la flèche à pédoncule et ailerons et les flèches de Montclus. En 1931 il publiera "Sauveterrien et Tardenoisien", sorte de pamphlet contre le Tardenoisien, accusé de tous les maux parce qu'il n'est pas (pas encore) trouvé en stratigraphie. Et en 1935 (l'ouvrage de référence généralement adopté), il parlera pour Sauveterre de "Tardenoisien néolithique" mêlant les deux couches supérieures. La dénomination de "Tardenoisien" pour les couches à trapèzes créera la fausse succession Sauveterrien/Tardenoisien, qu'il faudra 50 ans pour dissiper (si tant est que ce soit, encore maintenant, effectif). Et, malheureusement, la conservation des collections initiales fut très, très loin de l'exemplarité.

Le Sauveterrien, comme l'Azilien, sera précisé ultérieurement par des fouilles et des publications plus détaillées, parmi lesquelles celles de Cl. Barrière (1973-1974) à Rouffignac, de M. Barbaza et alii (1991) à Fontfaurès, la thèse de N. Valdeyron (1994), la reprise actuelle du Roc Allan par A. Turq (1988, 1992, 1995) et le colloque de Sauveterre (Rozoy 1995). Dans tout le Sud de la France, et jusqu'en Italie du Nord, divers facies lui ont été rattachés. Selon les auteurs et l'avancement de la recherche, ils sont considérés soit comme du Sauveterrien pur et simple, soit comme des variantes régionales qui constituent autant de cultures autonomes. On parle alors de "Sauveterroïdes". On verra plus loin (v. 6) que le Sauveterrien est actuellement considéré comme un seul ensemble (famille de langages ?) couvrant 200 000 km2 de la France du Sud, les Sauveterroïdes les mieux connus étant en Espagne et en Italie. La reconnaissance des cultures au sein de cette entité reste à entreprendre.

5 : La conception actuelle de l'Epipaléolithique-Mésolithique.

Les grandes divisions du Mésolithique. Les armatures évoluent le plus et renseignent sur la chronologie, les outils communs diffèrent de région à région et indiquent les groupes régionaux. Dans toute l'Europe occidentale et centrale on peut identifier au sein du Mésolithique cinq grandes périodes très sensiblement synchrones :

1°) Un stade très ancien souvent appelé Epipaléolithique (au sens restreint). Il comprend les Aziloïdes et est caractérisé par des "pointes à dos" faites en contournant l'extrémité de la lamelle : pointes aziliennes (très diverses), pointes de Tjonger, de Creswell, Federmesser divers. Ce stade débute à la fin du Dryas II et couvre essentiellement l'oscillation d'Alleröd. Il y a une seule classe d'armatures en service.

2°) Un stade ancien où apparaît la troncature oblique des lamelles, avec ou sans le microburin comme déchet. Cela donne naissance à une foule de combinaisons, il y aura ensuite dans chaque région toujours plusieurs classes d'armatures en usage en même temps. Ce stade couvre le Dryas III (Ahrensbourgien, Laborien) et aussi une bonne partie du Préboréal. Il y a beaucoup de pointes à troncature oblique, parfois exclusives, et des triangles isocèles dans la plupart des régions.

3°) Un stade moyen où les types d'armatures et les panoplies sont encore plus diversifiés, avec des triangles scalènes, des pointes à base transversale, des segments de cercle, dans certaines régions des pointes spéciales (à retouche couvrante en Belgique, de Sauveterre et triangles de Montclus dans le Sud-Ouest). Le taux global d'armatures et les équilibres entre classes d'armatures varient fortement selon les groupes. Ce stade couvre en général le Boréal.

4°) Un stade récent qui débute partout vers 7800 B.P. (non calibré), avant le changement climatique, et se caractérise par l'apparition des trapèzes typiques (très variés de région à région) et du débitage de Montbani-Montclus. Selon les régions d'Europe la coexistence avec les armatures héritées du stade moyen est plus ou moins longue (jusqu'à 1000 ans) ou parfois inexistante. Les trapèzes ne pénètrent pas ou tardivement dans certaines régions (Angleterre, Ardennien, Beaugencien) où sont développés à la place des types spéciaux dérivés des armatures du stade moyen, mais qui portent des caractères accessoires analogues à ceux des trapèzes des zones voisines.

5°) Un stade final caractérisé par l'association aux trapèzes d'armatures qui en sont dérivées, diverses selon les régions, et par des flèches tranchantes de Montclus et du Châtelet dans toute la moitié sud de la France. Ce stade couvre essentiellement le 5° millénaire avant notre ère (chronologie non calibrée). C'est la seule partie du Mésolithique où une très brève coexistence avec le Néolithique peut parfois avoir eu lieu dans une même région. A l'extrême fin se développe en divers points, par contact, une "céramique des chasseurs". Le stade final n'existe pas sur le littoral méditerranéen déjà occupé par le Cardial. La fin du Mésolithique est partout une acculturation rapide, on ne trouve dans le Néolithique ancien que peu de traces (style des armatures) de la précédente culture des chasseurs.

Le Mésolithique est l'achèvement, le couronnement, de la longue ascension humaine au cours du Paléolithique. L'Homme y poursuit le mode de vie de chasseur-collecteur avec des moyens techniques et mentaux encore améliorés qui le rendent véritablement "maître et possesseur de la Nature" (Rozoy 1993).

Les moyens techniques. C'est avant tout l'arc et la flèche, moyen essentiel et presque unique de subsistance. C'est là le produit d'une invention capitale, un des douze grands pas de l'Humanité (le jet de pierres et le bâton, le galet cassé, l'utilisation et la maîtrise du feu, le vêtement, l'abri artificiel, la taille des pierres avec préconception, le travail de l'os et le débitage de lames, l'art figuratif, le propulseur et la sagaie, l'arc et la flèche, la domestication des plantes et des animaux, la domestication... de l'homme par l'homme) sur ce que F. Bordes (1971) appelait "la route de l'abstraction". L'arc, la première machine de l'Histoire, avait été inventé plusieurs fois, mais il ne s'était ni maintenu ni généralisé. Le Mésolithique est l'époque de cette généralisation. L'invention apparaît en pleine période froide, elle entraîne un bouleversement de l'outillage : beaucoup moins de burins (qui servaient surtout à tailler les pointes de sagaies en bois de renne), une quantité d'armatures de flèches en silex, d'abord toutes des pointes à dos, puis beaucoup de formes, la panoplie est très variée selon les sous-époques et les groupes régionaux. Chacune des trois étapes techniques de leur amélioration est totalement indépendante des changements climatiques, cela montre combien la capacité d'invention a rendu l'homme autonome par rapport à son environnement, au contraire des animaux qui en dépendent entièrement. Les Mésolithiques chassent les plus grands animaux du milieu. Au début ils mangent du renne, tout au moins au Nord, par la suite de l'aurochs, du cerf et du sanglier, la place de la pêche reste à préciser, le stockage (difficile à prouver) n'est pas attesté en France.

La population augmente fortement et se diversifie : les sites sont plus petits, traduisant des groupes plus légers et plus mobiles, ils sont surtout beaucoup plus nombreux et ils couvrent le territoire en entier, cela contraste (Rozoy 1992 b) avec le Paléolithique qui n'en utilisait que moins du quart, dans les meilleurs cas, choisissant les biotopes les plus favorables à son mode d'exploitation et se contentant ailleurs de raids espacés (un site tous les 100 km). Maintenant les groupes régionaux, stables pendant des millénaires sur leurs territoires traditionnels, ont des voisins immédiats qu'ils connaissent bien, en témoigne la diffusion rapide des nouveautés techniques. Le terroir est bien connu partout dans le détail, ce qui sera un atout essentiel lors de la néolithisation.

Les progrès mentaux sont les plus importants. La disparition de l'art figuratif au profit de dessins abstraits, qui est totale en France, mais pas au Danemark, correspond à une élévation du niveau d'abstraction. Les dessins du Magdalénien devaient être réalistes pour être compris de tous, ils étaient accompagnés de signes abstraits. Ceux-ci subsistent seuls maintenant, ce qui laisse penser que la masse des gens était à même d'en saisir le sens. L'abstraction se manifeste encore dans les capacités à compter : la numération du premier ordre est attestée, douteuse encore à la fin du Magdalénien, plus certaine dès l'Ahrensbourgien de Remouchamps (9 000 avant notre ère) (fig. 6). Une numération plus élaborée existait peut-être, mais nous n'en avons pas de témoin. L'importance de la comptabilité pour le passage ultérieur à la production est évident. Les dessins réalistes schématisés du Levant espagnol et du Danemark montrent des scènes de groupes et la domination du monde animal par l'homme, contrastant avec les rares figures humaines paléolithiques isolées, noyées dans un bestiaire symbolique omniprésent et souvent vainqueur. L'homme mésolithique commence à se considérer comme distinct de la Nature. La disparition des figurations féminines centrées sur la possibilité de maternité, la présence en Italie, aux Pays-Bas, de statuettes réalistes et complètes (fig. 6), semblent montrer que le secret de la procréation avait été percé, ce qui est essentiel pour passer à la production : semer pour récolter, mettre au taureau pour obtenir des veaux.

C'est par ces caractères sociaux et mentaux : démographie plus abondante, bonne connaissance du terroir, distanciation d'avec la Nature que l'on domine, meilleures capacités d'abstraction, compréhension des mécanismes naturels, capacité à prévoir, que l'Homme a achevé au Mésolithique de se hisser au niveau mental et technique requis pour pouvoir adopter, dès que le climat s'y prêta, la production inventée peu avant au Proche-Orient dans de meilleures conditions ambiantes.

6 : Les problématiques actuelles du Mésolithique

La chronologie d'ensemble est bien établie et, sauf précisions de détail ou confirmations, l'intérêt se porte sur deux nouveaux problèmes : compléter et préciser le tableau des cultures régionales (voir au n° 2 la définition du mot "culture"), puis nous servir de ce tableau et de tous les documents accumulés pour une approche plus ethnographique.

Les cultures régionales. Les divisions retenues varient fortement selon les chercheurs. Les uns retiennent de très grands ensembles directement dérivés des premières approximations : 5 groupes en Europe occidentale et centrale pour S. Kozlowski (1975). D'autres, au moyen d'études quantifiées et/ou qualitatives très exigeantes basées pricipalement sur la typologie, distinguent des cultures beaucoup plus limitées : diamètres de l'ordre de 130 km pour J.-G. Rozoy (1978, 1991, 1992 a, b), de l'ordre de 100 km pour S. Arora (1976) comme pour A. Thévenin (1990). Ces cultures plus restreintes sont des sous-unités des ensembles plus vastes précédents : plus que de divergences entre chercheurs, il s'agit de deux aspects complémentaires et d'une structure à deux niveaux (fig. 7), comme R. Newell et alii (1990) en ont aussi trouvé par l'examen des parures.

Que l'on adopte l'un ou l'autre point de vue, le travail n'est pas terminé. Pour les cultures de 100-150 km de diamètre, il n'y en a qu'une vingtaine de définies en France, encore certaines ne le sont-elles que pour l'un ou l'autre stade, par exemple le Téviécien et le Retzien limités aux stades récent et final. Il y en a au moins autant à décrire et à délimiter, plus encore dans le reste de l'Europe. Cela suppose de nombreuses fouilles petites, mais très soigneuses, pour carroyer le terrain. La détermination des grands ensembles demeure purement qualitative et même subjective, fondée sur le choix de quelques fossiles directeurs. Que ces ensembles aient une certaine cohérence est évident pour leurs parties centrales. Mais leurs limites prêtent plus à discussion. Nous manquons de données précises, quantifiées, et même qualitatives, que les études des cultures restreintes pourront fournir (Rozoy 1991). Cela permettra soit de mettre en évidence, entre les grands ensembles, des frontières avec des changements brutaux de composition, soit de conclure à des continuums, à des passages progressifs d'un grand ensemble au suivant, qui seraient la négation de leur existence même. On trouvera ci-après les principes d'une méthode d'étude destinée à placer ces comparaisons entre les cultures sur une base objective, quantifiable, globale, combinant analyse et synthèse. Particulièrement importante sera l'identification plus précise d'une autre grande famille de cultures dans le Centre de la France, entre Sauveterrien et "Tardenoisien" : le Beaugencien (et les cultures apparentées), dont on ne sait pas plus que pour les autres groupes si les limites avec les Tardenoisiens et apparentés et avec le Sauveterrien sont nettes ou progressives.

Le colloque de Sauveterre apporte à cette question un éclairage nouveau : les chercheurs du Midi, notamment M. Barbaza et alii (1991) et N. Valdeyron (1994), démontrent que le Sauveterrien a été victime de l'absence de tamisage à l'eau, d'où méconnaissance des armatures hyperpygmées (triangles de Montclus etc), surtout dans les fouilles les plus anciennes, et biaisage des taux d'armatures. Le Sauveterrien apparaît donc, en ce qui concerne les industries lithiques, comme très vaste sur 200 000 km2, de l'Atlantique à une partie des Alpes (mais pas au-delà) et du Limousin aux Pyrénées françaises. Cet ensemble résulterait d'une convergence à partir de substrats différents selon les régions (Azilien pyrénéen, Azilien périgourdin, Valorguien etc). C'est là une opposition considérable avec les cultures contemporaines de la moitié nord de la France dont chacune occupe quelque 15 000 km2. Il est probable que des études encore plus fines, qualitatives et quantitatives, surtout sur les outils du fonds commun, ou sur des éléments non lithiques, voire ethnographiques, permettront de distinguer des sous-ensembles qui seraient les cultures de base. Mais se trouve posée aussi la question de la représentativité culturelle des industries lithiques (Rozoy 1994 c).

Ethnographie. La reconstitution ethnographique est en définitive le but ultime et essentiel de la Préhistoire (Bordes et alii 1972). Mais l'atteindre n'est ni facile, ni même toujours envisageable. La langue, les traditions et les croyances, les relations sociales et même beaucoup d'éléments matériels comme les vêtements, les objets en bois ou en vannerie, ont disparu à jamais. Nous pouvons essayer de retrouver les territoires des groupes sociaux soit par les groupements géographiques des particularités des outils, c'est-à-dire en délimitant les cultures, soit par la dispersion des objets de parure, considérés comme des insignes d'appartenance à ces groupes. Dans les deux cas les deux niveaux emboîtés peuvent correspondre soit à des bandes et à des tribus, soit à des tribus et à des familles de langage. La démographie la plus vraisemblable permettra de choisir entre ces deux possibilités. Nous pouvons aussi chercher à comprendre quelle a été l'utilisation des sites, et distinguer les camps de base (de résidence) et les diverses sortes de camps d'extraction (chasse à tel ou tel animal, boucherie, pêche, taille du silex, collecte de bois de cervidés...), plus encore les camps de transit etc. Cela exige une documentation sans faille sur le contenu des sites, y compris usage des outils, structures observées etc, et permet d'aborder le mode d'exploitation du territoire (Newell 1994 a, b, Constandse-Westermann 1994).

7. Méthode pour les comparaisons interculturelles à l'Epipaléolithique ("Mésolithique")


Principes généraux : Toujours considérer tout l'outillage lithique, d'autres caractères si possible.
On partira du stade ancien (très ancien si possible), on suivra l'évolution.
Retenir au moins 3 "composants" : débitage, outils communs, armatures.



1. Techniques de débitage, chaînes opératoires

Des lames ---> style laminaire (est-il différent du style des lamelles ?).
Des lamelles ---> style (de Coincy, de Rouffignac, de Beaugency etc, de Montbani-Montclus).
Des éclats. Y a-t-il, et dans quelle mesure, production organisée d'éclats ?
Proportions de ces produits. Les nucleus témoignent des outils communs.

2. Outils communs

Y dominent éclats retouchés, et/ou :
grattoirs (leurs caractères), et/ou :
outils sur lames (tronquées, retouchées), et/ou :
outils sur lamelles (lesquels).
proportions o.s.lames / o.s.lamelles.

Présence de macrolithes ?

Style de réalisation de ces outils : + ou - régulier ou denticulé.
retouche marginale ou profonde, etc

3. Armatures pointues

Taux global d'armatures pointues (et rapport nucleus/armatures).

Type(s) dominant(s) et présents : P. à troncature (et à dos), et/ou :
Segments et P. de Sauveterre, et/ou :
Triangles (leurs variantes), et/ou :
Pointes à base transversale, et/ou :
Autres.

Equilibre (ou non) entre ces classes.
Pygmisation
+ ou - poussée.
Style de réalisation des armatures.

4. Lamelles à bord abattu (si abondance).

5. Lames et lamelles Montbani (éventuellement).

Application au Sauveterrien : les "composants"

Styles de débitage associésde Rouffignac (lames, éclats) au moins par endroits (Rouffignac, La Montade).
de Coincy (lamelles --> armatures).
Production d'éclats.

Outils communs : Eclats retouchés et denticulés dominants (mais : grattoirs à Troubat).
Le rapport outils sur lames / outils sur lamelles : généralement > ou = 1.
Lames et lamelles Montbani notables dès le Boréal, sur supports Rouffignac éventuellement.
Style de réalisation des outils communs très heurté.
Taux d'outils communs : restent à préciser après tamisage à l'eau. Probablt faibles partout.

Armatures : Au début : triangles isocèles + scalènes (larges) et pointes à troncature.
(mais : segments larges hyperpygmées dans le Montadien).
Triangles plus effilés ensuite (et pointes de Sauveterre).
Triangle. de Montclus serait général, dominant au stade moyen.
Pointes à base transversale apparaissent au Boréal.
Lamelles à dos (étroites) très variables selon les sous-cultures et les sites.
Caractère pygmée général, tendant à l'hyperpygmée lors de l'évolution.
Taux d'armatures : restent à préciser après tamisage à l'eau. Probablt très forts partout.
Style de réalisation des armatures : régulier.

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