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Docteur Jean-Georges Rozoy


Résumé des abréviations utilisées dans les articles : consulter la liste.

Bull. Soc. Préhist. Lux. 10,1988

Dr. J.-G. Rozoy

Le Magdalénien en Europe : démographie, groupes régionaux



Les différences régionales dans le Magdalénlen en Europe existent presque exclusivement au Magdalénien supérieur, à partir du début de l'épisode de Bölling (ou de l'extrême fin du Dryas I). Au Badegoulien (au sens restreint, Allain 1976, 1987, Bosselin et Djindjian 1989) on connaît un seul site au Nord de la Loire, un seul autre au Nord du Massif central, et deux dans la haute vallée de la Loire (fig. l). Au Magdalénien inférieur n'apparaissent que l'Aquitaine et deux points en Languedoc. Au Magdalénien moyen (y compris le Magdalénien à navettes, Allain et al., 1985, mais en excluant l'époque de Bölling), il n'y a aussi au Nord du Massif central que trois sites (plus Maszycka en Pologne). Malgré certaines tentatives hardies (Kozlowski 1985), les données disponibles ne permettent guère de démêler en dehors du Périgord ce qui revient à la chronologie de ce qui dépend de différences régionales dans le Magdalénien avant l'époque de Bölling, et donc de trancher sur la coexistence, ou non, de facies typologiques distincts, attachés ou non à des zones géographiques et éventuellement à des groupes humains autonomes.

Le Magdalénien supérieur (Bôllin et Dryas II) est mieux loti, parce que le climat permet alors une expansion dans des domaines précédemment trop froids. Les recherches récentes dans les différentes régions ont permis de dater des sites de référence et de détailler leur contenu, il y a donc de bonnes possibilités de synthèse, bien que l'on soit obligé de tenir compte aussi de gisements dont l'attribution chronologique ne peut être précisée entre la fin du Dryas 1 et le début de l'Alleröd.

LE GROUPE BELGO-PARISIEN

On recense actuellement au Nord de la Loire (fig. 2) 22 sites groupés au Sud-Est de Paris et 14 en Ardenne, plus quelques gisements isolés de natures et de valeurs très diverses: Gouy (grotte à gravures), Verberie (camp en bord de fleuve), St Mihiel (camp en pied de rocher). Gouy et St Mihiel peuvent avoir été laissés par des Magdaléniens appartenant à d'autres groupes. Belloy-sur-Somme et Hallines proviennent de groupes non magdaléniens (Schmider 1982, Kobuciewicz 19831. Orp, Hanne et Sweikhuisen, si vraiment ils sont magdaléniens, se rattachent au groupe de Gönnersdorf où l'on fait plus de burins sur troncature que de dièdres (Vermeersch 1988). La vacuité de la Champagne crayeuse est totale, probablement pour des raisons écologiques: cette plaine sans abri n'était probablement pas giboyeuse (Rozoy 1986, 1988, 1989c), mais la zone vide s'étend bien au-delà de la plaine de craie et il s'agit plutôt de petites régions favorables par la grande diversité des biotopes qu'elles comportent, généralement à base de relief accentué, ce qui permet au gibier de subsister en toutes saisons sans émigration notable, comme dans les Cantabres (Straus 1986).

La liaison entre les deux parties, séparées par plus de 200 km, paraît tout-à-fait assurée. Les Magdaléniens ont transporté en Ardenne des matériaux provenant de la région de Paris (Otte 1984 a). Les outils retouchés des deux sous-régions sont identiques en qualités et en quantités (Rozoy 1989 c, d). Les sites de l'Ardenne et de la vallée du Loing nous ont donc été laissés par les mêmes personnes, se déplaçant du Loing à l'Ardenne et réciproquement. Les sites de Rhénanie, autour de Gönnersdorf (Bosinski 1978, 1988), bien que proches de l'Ardenne (120 km), appartiennent à un autre groupe de population car (Rozoy 1989) il n'y a aucune communauté de matériaux, la typologie est différente, et aussi l'art : l'Ardenne ignore les figurations féminines. Ily a par contre en Rhénanie des éléments de parure communs avec le Sud de l'Allemagne, du silex et des coquilles de la Baltique.

Le sous-groupe Pincevent est concentré autour de la vallée du Loing et de l'Yonne. Il s'agit, dans une région sans grottes, de sites de plein-air: la plupart sont aux bords des fleuves, mais le plus abondant, les Beauregards (plus de 15000 outils retouchés) est sur le plateau (peu élevé), sur des sables siliceux. Il y a aussi, dans la même zone des grès, deux grottes ornées d'attribution incertaine et dans le Morvan (Arcy-sur-Cure) trois grottes-habitats (sans art mobilier) et une grotte à gravures.

Ce sous-groupe a livré beaucoup plus d'outils que les sites de l'Ardenne (Rozoy 1989 c, d), il représente donc une population plus forte, ou plus exactement un plus grand nombre de journées de présence, soit par un peuplement plus dense ou par des séjours plus longs ou (et) plus répétés des mêmes personnes. Si l'on admet un rapport direct entre le nombre de silex retouchés et l'intensité de la présence humaine, celle-ci aurait été au moins 5 fois plus importante au Sud-Est de Paris que dans l'Ardenne (Rozoy 1989 d).

La très grande rareté de l'art dans le groupe parisien n'en est que plus étonnante: on ne trouve que les deux ou trois figures de Cepoy La-Pierre-aux-Fées (Allain 1976), une tête de cheval de Pincevent, et quelques signes sur des bâtons percés, aussi de Pincevent. Même en ajoutant les trois têtes des bois de rennes de St Mihiel (dont on ignore l'appartenance exacte à ce groupe ou au voisin), on est très loin des effectifs trouvés en Ardenne (Rozoy 1989 b): 41 figurations réalistes et 53 signes (fig. 3), plus encore les nombreux traits parallèles (Rozoy 1989 d, fig. 5).

La disproportion est flagrante, l'Ardenne fournit la quasi-totalité de l'art et des signes. On ne peut faire trop état des 217 figurations pariétales de Gouy, près de Rouen ni même de la grotte du Cheval à Arcy-sur-Cure: l'appartenance au même groupe humain est tout-à-fait incertaine, et l'absence d'oeuvres sur parois en Ardenne paraît tenir à un choix culturel en faveur de l'art mobilier sur plaquettes, ce qui est le cas à Cépoy. Pour F. Audouze (1987, 1989); la grande rareté de l'art dans le groupe du bassin parisien est la preuve de son autonomie par rapport à l'Ardenne. Cela supposerait que les chasseurs aient partout et à toutes saisons eu les mêmes activités, nous savons qu'il n'en est rien.

L'occupation de Roc-La-Tour I, le principal site pour l'art, paraissant impossible en hiver (congère très probable derrière le rocher), l'hypothèse a été émise (Rozoy 1989 a) de la venue uniquement estivale des Magdaléniens en Ardenne, et corrélativement de l'art comme activité d'été. Le séjour en été vient d'être confirmé par l'étude des bois de renne (Patou 1989) qui sont, tant à Chaleux qu'à Vaucelles, au Coléoptère et en d'autres sites (Dewez 1989), des bois de chute de femelles, perdus en mai-juin. Ils sont de médiocre qualité, et ailleurs les Magdaléniens emploient de préférence les bois des mâles, qui tombent en hiver. L'emploi des bois des femelles montre que les chasseurs n'étaient pas en Ardenne en hiver. Quant à la saison d'utilisation de l'art, sa confirmation (ou infirmation) nécessitera de plus nombreux indices. Notons déjà qu'il n'y a pas d'art à la grotte des Eglises à Ussat (Ariège, Clottes et Simonnet 1979) où un séjour du début de l'hiver a été démontré. C'est un premier élément.

LA DEMOGRAPHIE DU MAGDALENIEN

Le meilleur moyen d'estimer les populations préhistoriques est de calculer la capacité nutritive maximale du territoire en fonction des nourritures qui ont été réellement consommées. Mais pour le Magdalénien français ce n'est pas possible parce que nous ignorons la densité naturelle des espèces disparues (Aurochs, Bison d'Europe et même de celles depuis émigrées (Renne).

On peut contourner cette difficulté en partant des évaluations faites pour l'Epipaléolithique (Mésolithique) (Rozoy 1978, p. 1064-1066 et 1105-1109) : avec 4 cerfs et 2 sangliers au km2, abattage maximal de un animal sur six, proportion de viande de 60 %, compte tenu du gaspillage, du poisson et des rares végétaux, et de besoins moyens de 2 500 calories par jour et par personne, on trouve pour la France au Boréal : environ 150 000 rations alimentaires disponibles. Mais la population réelle ne suit que d'assez loin la capacité nutritive maximale, à cause des fortes fluctuations de celle-ci, et 50 000 habitants en France paraissent vraisemblables pour l'Epipaléolithique.

Reste maintenant à remonter de l'Epipaléolithique (Mésolithique) au Magdalénien. Les bases sont le nombre et l'importance des sites, non sans de nombreux problèmes: les sites magdaléniens sont beaucoup plus denses que ceux de l'Epipaléolithique, les ensembles lithiques des deux périodes ne correspondent pas aux mêmes fonctions, et en raison de la manie des armatures au Tardenoisien il y a alors une enflure considérable du nombre des outils retouchés (Rozoy 1988, p. 53-65). Le nombre des sites épipaléolithiques  est beaucoup plus grand que celui des gisements magdaléniens  (Rozoy 1986). Ces derniers sont plus difficiles à déterminer (il n'y a pas la commodité des armatures). On connaît de l'Epipaléolithique partout en France, à l'échelle du canton ou même de la commune, tandis que le Magdalénien n'exploite vraiment qu'une partie du territoire.

En définitive, on peut proposer un rapport de 1 à 5 ou 1 à 6 (en faveur de l'Epipaléolithique) pour les populations globales des deux périodes. On parvient ainsi à l'estimation de 8 000 à 10 000 personnes en France (enfants compris) au Magdalénien, valeur qu'il sera d'ailleurs nécessaire de discuter et d'adapter en fonction des sous-périodes et des régions à l'intérieur même de la culture. Cette appréciation est sensiblement cohérente avec celles avancées pour la France par F. Bordes (1969): 50 ooo au plus, et par Ambroise-Rendu (1967): 50 000, et pour la planète par E.S. Deewey (1960): 3 à 4 millions, mais elle est très inférieure à celle que D. de Sonneville-Bordes (1969) ne formulait qu'avec les plus expresses réserves (200 000 à 300 000 en France).

DENSITE DU MAGDALENIEN SELON LES PERIODES

Dans le Sud-Ouest une importante expansion démographique a été postulée pour le Magdalénien VI, en raison du grand nombre de sites et de leur richesse. Pour F. Bordes (1969) la cause pouvait en avoir été l'invention de l'arc. En effet, sans motif extérieur (pas d'amélioration climatique, bien au contraire), le moteur d'une telle expansion doit être interne à la société: une ou plusieurs inventions techniques peuvent augmenter vite la population, la transformation sociale sera plus lente ici, l'invention de l'arc entraînera (sur plus de mille ans) le passage à l'Epipaléolithique (Mésolithique) dont la densité de population sera au moins 5 fois supérieure, cette fois en raison du réchauffement.

L'essor démographique du Magdalénien VI pourrait toutefois n'avoir pas été réel. J.M. Bouvier (1989 b) a pu dater à La Madeleine la base du Magdalénien V. Il est donc normal qu'elle fournisse des couches plus abondantes et un plus grand nombre de sites. La poursuite des recherches dans l'ensemble du Sud-Ouest nous en dira plus.

Aucune expansion démographique n’est perceptible (au contraire) au Dryas II en Belgique et en Rhénanie, où les sites les plus abondants viennent d'être datés du Bölling: à la fin de cet épisode pour Gönnersdorf et pour la couche profonde d'Andernach (Bosinski 1978, 1988), au début pour Chaleux (Otte 1986) et probablement aussi pour Roc-LaTour I (Rozoy 1989 c), à l'Allerôd pour la couche supérieure d'Andernach. Pendant le Dryas II, et sans doute déjà au Dryas I, le plateau ardennais était un sol nu sans végétation ni gibier, la vie (bien modeste) étant réfugiée au fond des vallées: les chasseurs ont très bien pu ne pas venir en Ardenne, faisant leurs expéditions de chasse d'été vers le Morvan au lieu de la Belgique. Ceux de Gönnersdorf pouvaient alors se tenir dans le Sud de l'Allemagne (les séjours à Gönnersdorf avaient lieu l'hiver comme l'été, Bosinski 1988, mais c'était à la fin du Bölling).

Pour la moitié Nord de la France, Etiolles débuterait à la fin du Dryas I, mais la fréquentation (26 séjours sur 3,50 m d'épaisseur) aurait duré encore pendant trois périodes: moins froid, puis froid, puis nouvel adoucisssement (Taborin 1979, 1988, 1989). On peut y voir le Dryas I, le Pré-Bölling, la fin du Dryas I et le début du Bölling, c'est plus cohérent avec le 14-C, la thermoluminescence (Valladas 1980) et la typologie que de le faire durer jusqu'au Dryas II et au-delà. Pincevent (habitation) serait à la fin du Bölling, Pincevent (Section 36), au début du Dryas II et Marsangy, à la limite du Dryas II et de l'Alleröd (Schmider 1985, 1987). Certes, J. M. Cordy (1985, 19881 attribue tous les sites magdaléniens de cette région au Dryas II, à cause de la prédominance marquée du Renne dans les déchets alimentaires, mais celà peut tenir à un choix culturel; là-contre vont aussi la présence du mammouth à Etiolles et les dates 14-C et par thermoluminescence. La présence des pointes à dos à Marsangy, leur absence totale dans les autres sïtes près de Paris, montrent nettement la longue durée écoulée.

Dans l'état actuel de la documentation, et en raison de la non-conservation de l'os dans les sites les plus abondants (ceux des Beauregards), il n'est pas possible de distinguer valablement les peuplements des sous-périodes pour le Bassin parisien, et il nous faut y traiter en bloc la démographie de tout le Magdalénien du Bölling et du Dryas II. Il n'est en tous cas pas prouvé, et il est même fort improbable, qu'il y ait eu dans le Bassin parisien une croissance démographique au moment où on l'avait postulée dans le S.O.

L'augmentation de population du Sud-Ouest au Magdalénien VI (à supposer qu'elle ait existé) ne peut correspondre à un reflux des chasseurs lors des grands froids du Dryas II. En effet, un tel déplacement de population aurait entraîné dans l'industrie (lithique ou autre) des changements que l'on ne constate pas: par exemple l'introduction dans le Sud-Ouest des nombreux perçoirs que font les gens du Bassin parisien (parfois plus que de burins !). L'affinement des études de différentiation régionale ne pourrait que permettre de préciser, dans un sens ou dans l'autre, de tels faits.

LES GROUPES REGIONAUX DU MAGDALENIEN

On peut distinguer pour le Magdalénien moyen-supérieur en France six groupes distincts de population. Ces groupes apparaissent sur la carte (fig. 6), séparés par des zones vides ou peu fréquentes que les recherches les plus systématiques ne comblent pas, les nouveaux sites sont presque toujours découverts dans les zones déjà garnies. Il n'est plus possible d'attribuer ces blancs à des lacunes de la recherche. Il y a un groupe dans les Pyrénées, un en Périgord, un dans le Massif Central, un de part et d'autre du cours inférieur du Rhône, un dans la région Rhône-Alpes, et le groupe du Bassin Parisien, qui s'étend à l'Ardenne et couvre une surface double ou triple de celle occupée par chacun des autres.

On ne peut exclure que deux ou plusieurs de ces groupes de sites aient été laissés par les mêmes hommes et femmes: c'est le cas pour le groupe au Sud-Est de Paris et celui de l'Ardenne, peut-être aussi pour le Périgord et le petit groupe de la Vienne (communautés de parure). Mais des différences de détail (dans la typologie lithique notamment) suggèrent le plus souvent qu'il s'agit de groupes distincts: les sites du Massif Central comportent tous un taux très élevé de lamelles à bord abattu (de l'ordre de 70 %), alors que dans le Sud-Ouest ces taux sont très variables. Le burin-bec-de-perroquet n'est connu que dans le Périgord, avec un unique exemplaire (inédit) dans les Pyrénées à La Vache (Clottes 1988). Pour le groupe Provence-Languedoc les ressemblances typologiques (ce qui ne veut pas dire une identité) sont avec le Magdalénien du Périgord, alors que les gisements plus proches de la région Rhône-Alpes sont nettement différents. Et les burins de Gönnersdorf sont sur troncature (Bosinski 1983) alors qu'en Ardenne ils sont dièdres, d'autres différences confirment.

La structure géographique de chaque groupe reproduit celle de l'ensemble: il y a des agglomérations de sites, distants de quelques kilomètres et parfois moins, et entre elles (fig. 4) des zones vides qui ne dépendent pas toutes d'obstacles matériels. Les Magdaléniens ont utilisé certains secteurs et n'ont fait dans les autres que de brèves et rares incursions. Ils ont parfois négligé des zones que, dans des conditions écologiques nous semblant analogues, les Aurignaciens ou les Solutréens avaient utilisées, et ils ont fréquenté ce que leurs ancêtres avaient laissé désert (fig. 5). Il y a là même disparité entre Aurignaciens et Solutréens; c'est un caractère général du Paléolithique supérieur : on n'utilise pas tout le terrain.

La situation est la même dans le reste de l'Europe (fig. 6). A l'Est on trouve quatre groupes géographiques (au moins) (Hahn 1979, Feustel 1979) et il y a aussi des sites isolés. En Espagne, "le" groupe des Cantabres, avec 43 stations, peut facilement être divisé en trois parties séparées par des blancs (L.G. Straus, 1986, le divise plus précisémenet en six sous-groupes locaux). L'un de ces vides a plus de 50 km, l'autre moins: c'est la même situation que dans la région Rhône-Alpes ou entre les groupes du Périgord et de la Vienne. Il y a 2 sites isolés au Portugal, et encore des sites en cours d'étude (Cacho 1987, Fuliola 1983) dans l'Espagne méditerranéenne. A 400 km des Asturies il s'agit très probablement d'un autre groupe de population.

On connaît donc (au moins) 16 groupes géographiques de sites magdaléniens avec 622 gisements (8 groupes en France et Belgique avec 392 stations, grottes ornées comprises, et en dehors de la zone francophone 8 concentrations comprenant 230 points). Il y a (au moins) 35 sites isolés (18 en France et 17 au dehors). Le tout peut correspondre à 12 à 15 groupes humains distincts, certainement apparentés et entretenant entre eux des relations suivies dont témoigne l'unité de la culture magdalénienne. Il serait souhaitable que toutes ces spécificités soient précisées pour confirmer ou infirmer l'autonomie de chacun de ces groupes, la nature et l'intensité de leurs échanges.

Pour reconnaître les groupes régionaux il faut employer tous les indices à notre disposition, ce qui nécessitera un travail en coopération de tous les chercheurs. La typologie de l'industrie lithique (en qualités et en quantités) est fondamentale, mais ne doit pas être le seul critère. Il faut prendre en compte le style du débitage et celui des outils, les matériaux employés ou transportés, les traces d'usage, l'industrie de l'os, la parure, l'art, et peut-être aussi les animaux consommés ou le type d'habitat. Un ou deux fossiles "directeurs" ne suffisent pas à taire un faciès technique ni à reconnaître un groupe humain, il faut pour cela une convergence de traits communs appartenant à plusieurs domaines. Cela se rencontre toujours dans des limites géographiques définies à l'intérieur desquelles il n'existe qu'un seul aspect pour un moment donné, la difficulté étant de distinguer les faciès chronologiques (qui coexistent dans une même région) de ce qui provient des différences régionales et des variantes dûes à des activités diverses.

PHENOMENES INTERREGIONAUX ET INTERCULTURELS

Il est entre les régions des similitudes techniques et autres, par exemple en matière d'art, qui nous assurent de l'unité de l'ensemble et de sa distinction d'avec les cultures voisines et contemporaines (Creswellien, Otte 1984 b, Hambourgien, Salpêtrien, Epigravettien ...). Certains types très utiles diffusent rapidement bien au-delà du groupe qui les a inventés ; des groupes voisins emploient donc au même moment. Certains outils très précis, ce qui montre l'existence de contacts à grande distance (et, mais moins fortement, même au-delà des limites de la culture). Le reste des artefacts est analogue, mais non identique. La similitude est d'autant plus évidente qu'il s'agit d'objets plus élaborés. Par exemple les "navettes" (Allain 1985) à la fin du Dryas I, ou les harpons ensuite. Il peut en aller de même de la parure et de l'art.

Par exemple Y. Taborin (1987) indique des transports de coquillages couramment sur 200 km et souvent plus, jusqu'à 400 km, mais les faluns de Touraine ne vont pas dans le Périgord, bien qu'ils n'en soient pas très loin (200 km), par contre le groupe de la Vienne partage ses coquilles avec le Périgord, le tout venant essentiellement de l'Atlantique à 200 km; un fossile aquitain a aussi été trouvé à St Marcel, dans l'Indre. Les Pyrénées paraissent avoir été un groupe distinct, et peut-être même deux, usant chacun de ses propres sources de coquilles. Y. Taborin nous montre ainsi la société du Paléolithique supérieur comme beaucoup plus fortement structurée qu'on ne le croyait. Mais il y a aussi des échanges de région à région, en particulier pour les quelques coquilles venant de la Méditerranée, et il n'est pas facile de distinguer ce qui correspond à un groupe humain défini et ce qui provient des échanges. Il y a d'ailleurs certainement eu quelques flux de personnes entre les groupes régionaux, bien que les relations humaines, et en particulier les mariages, aient très probablement été au moins à l'intérieur de chaque groupe régional (Constandse-Westermann et Newell 1984, 1986).

Pour sa part A. Sieveking (1986), pour les témoins esthétiques, montre des similitudes sur de beaucoup plus grandes distances que les conditions de l'environnement ne le supposeraient (par les déplacements nécessaires à la vie matérielle) et qu'il doit donc s'agir de phénomènes essentiellement culturels. La difficulté est alors de distinguer ce qui appartient à des groupes distincts et ce qui provient de contacts interrégionaux ou interculturels.

REPARTITION INEGALE DE LA POPULATION

La composition des groupes n'est pas équilibrée: pour la période Bölling-Dryas II, grottes ornées comprises, et en nombre de sites, il y a une très forte prépondérance du Sud-Ouest, avec 142 stations certaines en Périgord-Quercy et 87 dans les Pyrénées contre 59 dans le Massif Central et seulement 23 en Provence-Languedoc, 28 en Rhône-Alpes, 36 pour le groupe du Bassin Parisien et de l'Ardenne. Mais on doit tenir compte de l'importance des gisements: ainsi les Beauregards avec plus de 15 000 outils retouchés, contre 2 900 à Chaleux, 1 600 à Roc-La-Tour I et 93 au Frontal (5 000 à Gönnersdorf). Et certains sites du Sud-Ouest où il faut compter en centaines de milliers, sinon en millions (Gare de Couze) !Les grottes ornées ne fournissent souvent pas d'outils, mais elles confirment l'importance de leur zone. L'avantage du Sud-Ouest, et surtout du Périgord, est des plus marqués.

La répartition des 8 000 ou 10 000 êtres humains n'était donc certainement pas égale entre les six régions. Chaque groupe régional pouvait comprendre 1 500 à 2 500 personnes (enfants compris), répartis en 30 à 50 groupes élémentaires ("bandes") de 50 à 60 personnes (nombre proposé en fonction du mode de chasse et des traces des campements. Les effectifs des groupes régionaux seraient alors comparables à ceux des cultures épipaléolithiques (Rozoy 1978), la différence tenant surtout à la surface beaucoup plus large couverte par chaque groupe régional du Magdalénien: de l'ordre de 50 000 à 200 000 km2, contre l0 000 à 30 000 pour l'Epipaléolithique.

Mais si l'on tient compte des surfaces effectivement parcourues celles où les sites sont trouvés la différence diminue beaucoup : le groupe pyrénéen n'utilise qu'à peine 35 000 km2, et encore est-il question d'y reconnaître deux unités ethnographiques. Le groupe Périgord-Quercy, probablement double ou triple, n'en couvre effectivement que 30 000 (35 000 avec la Vienne). Le groupe franco-belge, le plus vaste pour l'étendue disponible (200 000 km2), mais qui n'en utilise de façon suivie que 10 000 + 5 000 aurait aussi été, d'après le faible nombre de sites connus, parmi les plus modestes pour la population: probablement à peine 1 000 personnes, comme d'ailleurs pour les groupes de Provence et Rhône-Alpes. R.R. Newell et Tr. Constandse-Westermann (1984, 1986, 1988) montrent que l'on ne peut guère tabler sur moins de 800 personnes pour assurer la pérennité d'un groupe endogamé à 80 %, ce qui paraît avoir été le cas des groupes préhistoriques, d'après la répartition génétique des caractères déterminables. Là est probablement la cause de cette limitation territoriale: si l'on se disperse sur une trop grande surface, la cohésion et même la survie du groupe régional deviennent précaires. F. Audouze (1988) pense que les petits groupes du bassin parisien, qui se sont aventurés dans une région trop difficile, ont probablement disparu à l'occasion d'une crise. Qu'ils aient disparu ou non, la nette limitation des territoires utilisés était une réponse à ce danger.

La différence avec l'Epipaléolithique serait donc essentiellement dans la quasi-vacuité d'une grande partie du terroir, objet seulement de visites rapides et très espacées à partir des bases réellement peuplées. Les densités de population dans les parties utilisées seraient analogues aux deux époques. On sait en effet (Elton 1950) que la biomasse d'herbivores ne croît pas très fortement lorsqu'on descend en latitude, la forêt mettant une part importante de la biomasse végétale hors de portée des animaux.

Ces évaluations quoique établies indépendamment se recoupent parfaitement avec celles de L.G. Straus (1986) Pour l'Espagne cantabrique, où il est possible d'estimer la capacité nutritive du territoire, parce que le gibier essentiel était le cerf, qui existe toujours. L.G. Straus parvient pour l'Est des Asturies à "8 ou 10 bandes de 25 personnes", soit 200 à 250 personnes, pour un territoire de 1 250 km2, ce qui correspond à 2 000 - 2 500 personnes pour un groupe régional autonome occupant effectivement une surface de 12 000 à 15 000 km2 dans les zones les plus .méridionales. Que L.G. Straus table sur l'effectif classique de 25 personnes par bande (très influencé par les "primitifs" subactuels relégués dans les déserts) ne change rien à l'estimation globale de la population. On peut espérer de nouvelles estimations à partir des sites de l'Espagne méditerranéenne. Un peuplement plus réduit pour le Bassin parisien est une hypothèse vraisemblable déduite du petit nombre de sites, et d'ailleurs concordante avec une densité animale présumée plus faible dans une zone plus froide.

Ces 1 000 êtres humains du Bassin parisien pouvaient se répartir en 15 ou 20 bandes de 50 à 60 personnes, et une ou deux de ces bandes pouvaient venir en été chasser en Ardenne, qui l'hiver serait restée sans peuplement.

Il est fort probable que le groupe du Périgord ait été le lus nombreux: au moins 2 000 ou 2 500 personnes, au-delà on doit (d'après les exemples ethnographiques) tabler sur une bipartition - et on peut présumer qu'il y ait eu, dans le Périgord et le Quercy, deux ou plusieurs groupes humains distincts, ayant leurs territoires en contiguïté (et la surface occupée est le double de la base prévue pour un groupe régional). On peut aussi se poser des questions sur le petit peuplement magdalénien de la vallée de la Vienne, qui est séparé de celui du Périgord par un espace vide de 50 km. Ces inégalités géographiques sont un autre élément, important, de différence avec l'Epipaléolithique où, pour autant que l'on sache, la population sera répartie également sur tout le territoire.

Il ne s'agit ici que d'estimations approximatives, de bases de discussion. Les "bandes" de chasseurs subactuels sont l'objet d'un flux perpétuel modifiant sans cesse leurs effectifs et leur composition, ce qui est très probable pour les préhistoriques menant un genre de vie analogue. Ce flux explique la cohésion des groupes régionaux aussi bien que la diffusion des inventions. Il faut tenir compte encore de la probable réunion des groupes élémentaires à certaines saisons favorables. Il a paru toutefois intéressant de livrer ces propositions à la discussion de nos collègues.

RESUME

Le Magdalénien ne s'étend largement en Europe qu'au Bölling et au Dryas II. Les sites sont concentrés dans une quinzaine de petites zones, plus quelques gisements isolés. La population est estimée, par comparaison à l'Epipaléolithique et aux Cantables, à16 000 - 18 000 personnes, réparties entre 12 groupes distincts et inégaux, dont 7 en France (Pyrénées, Périgord-Quercy (double), Massif Central, Provence-Languedoc, Rhône-Alpes, Pincevent-Ardenne), 2 en Espagne et 3 à l'Est (Jura souabe, Thuringe, Bohême-Moravie). Les sites rhénans (Gônnersdort) et ceux de la plaine au Nord de l'Ardenne se rattacheraient aux groupes de Thuringe ou de Souabe. Le groupe de Pincevent, qui n'aurait visité l'Ardenne qu'en été, serait l'un des moins nombreux: 1 000 personnes environ, pour 1 500 à 2 500 dans d'autres groupes. Ces groupes régionaux apparentés sont très comparables aux cultures épipaléolithiques ultérieures mais n'utilisent (par nécessité de cohésion) qu'une partie du terroir (15 000 à 30 000 km2 chacun), choisissant les reliefs très contrastés plus giboyeux.

BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE

ALLAIN J. (1976): Les civilisations du Paléolithique supérieur dans le Sud-Ouest du Bassin parisien. P.F. I-2, p. 1315-1320.

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LISTE DES FIGURES

Fig. 1 Occupation magdalénienne par périodes, d'après Bosselin et Djindjian (1989).
Les chifrres 1 et 2 représentent deux variantes lithiques du Magdalénien. Seul le Magdalénien supérieur, correspondant aux Magdaléniens IV, V et VI du Périgord, présente une large répartition. La petite zone hachurée au Sud-Est est occupée par d'autres cultures.



Fig. 2 Le Magdalénien supérieur au Nord de la Loire.
Le trait gras figure la limite du massif primaire (ardennais et rhénan) à relief très contrasté. Le trait souligné de hachures représente la limite de la craie. Les sites au Sud-Est de Paris sont aussi en terrain très accidenté. Cercles vides: lieux d'origine des matériaux.

Fig. 3 Roc-La-Tour I: Cervidé gravé sur schiste. (relevé C. Rozoy).
La figuration n'est pas assez précise pour identifier l'espèce. Les deux zigzags d'accompagnement sont des signes abstraits.

Fig.4 Répartition inégale à l'intérieur des régions:
Jura souabe, d'après Hahn (1979) complété.
Plusieurs groupes de sites sont séparés par des vides de 20 à 50 km qui ne sont pas tous inhabitables, en particulier au Sud-Ouest. Les sites 43 à 46 sont plutôt des gisements isolés, très probablement rattachés au même groupe.



Fig. 5 Répartition inégale à l'intérieur des régions: Charente, d'après Debénath (1976).
Nette disparité entre les occupations de l'Aurignacien (plus à l'Ouest) et du Solutréen (utilisant au Nord-Est la rive droite de la Tardoire ignorée par ses prédécesseurs). Le vide environnant est très sensible. Montgaudier et La Chaire à Calvin, tout-à-fait à la périphérie du Périgord magdalénien, contrastent avec l'intense occupation aurignacienne et solutréenne (21 et 14 stations). Le Chaffaud, tout au Nord-Est, est un site isolé à 65 km des autres, et à 40 km de Lussac et du groupe Vienne-Anglin. Mais est-il du Magdalénien supérieur?



Fig. 6 L'Europe au Magdalénien supérieur (Bölling et Dryas II).
Carte établie principalement à partir de "La Préhistoire Française", "La fin des temps glaciaires en Europe" et "L'Art des Cavernes". Régions habitées: nombre de stations certaines, zones visitées: un point par site. Opposition frappante entre des zones utilisées et des régions pratiquement vides, avec des gisements isolés, à 50 ou 100 km du gisement le plus proche.

Résumé des abréviations utilisées dans les articles : consulter la liste.

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