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Docteur Jean-Georges Rozoy


Résumé des abréviations utilisées dans les articles : consulter la liste.

1980

Dr J.G. ROZOY

MAISON DU MORT ET TERRE NOIRE AU LA TÈNE I



Magis arnica veritas

Le récent article de G. Lobjois et A. Villes dans le Bull. S.P.F. 1980, pp. 89-96, renouvelle opportunément la question de la « Maison du Mort » au second Age du Fer (Hatt, 1957). Il comporte malheureusement quelques inexactitudes de fait qu'il est nécessaire de rectifier et qui sont dues au décès du regretté G. Lobjois, la publication ayant dû être assurée par A. Villes qui, en 1962, n'avait pas (et pour cause, vu son âge) participé à la fouille. Il est en outre bon de faire le point tant sur la question de la maison funéraire que sur celui du remplissage des tombes.

La tombe 20 de Pernant

Dès mon arrivée à Pernant en 1962 je me suis vu confier avec Janine Rozoy la fouille de la tombe 20. Dès le décapage, que j'ai tenu à opérer large, j'ai identifié des trous de poteaux et tout un ensemble de remarquables particularités. J'ai donc insisté pour pouvoir en faire une étude approfondie, malgré la gêne que cela apportait à la fouille simultanée des tombes encadrantes 19 et 21. J'ai relevé les trous de pieux et dessiné des coupes et des plans. Pour des raisons que je préfère ignorer, cette tombe n'a pas retenu l'attention et les coupes relevées n'ont pas figuré dans la publication. Je n'ai pas voulu attrister la fin de la vie de G. Lobjois en contestant celle-ci. J'ai heureusement un contre-calque de mes relevés et on les trouvera ci-joint (fig. 1). Le lecteur voudra bien excuser la maladresse des inscriptions faites à la main : pour des raisons évidentes j'ai tenu à publier les relevés en l'état où je les ai établis en 1962, sans aucune retouche. A l'époque on était moins sourcilleux sur la forme que sur le fond...

Comme on pourra le voir ce ne sont pas les trous de poteaux seuls qui « dessinent une sorte d'abside au-dessus de la partie supérieure de la fosse » (Lobjois et Villes, 1980) mais bel et bien le remplissage même de la tombe qui forme cette abside à l'Ouest de la partie céphalique (et non « supérieure ») de la sépulture. Les vases étaient posés au bord de cette abside dans de petits creux que l'on avait faits dans le gravier blanc. De la sorte l'assiette qui couvrait le vase caréné à col atteignait la terre végétale. Ce vase 020.01 qui figure dans l'inventaire de Lobjois (1969) fait partie de la moitié (environ) non publiée du mobilier de Pernant. L'assiette n'a pas eu l'honneur d'un numéro et n'est pas publiée non plus. L'assiette était entière mais elle a été abîmée au décapage. Ce n'est donc pas, comme le texte de Lobjois (1969) pourrait le laisser penser, une offrande partielle.

La partie centrale de l'abside comportait le gravier blanc plus ou moins en place entre les vases et les traces de pieux, mais sans que cela aille jusqu'à la terre végétale ; le banc de gravier était interrompu (voir coupe O.E.) mais en somme on peut aussi penser qu'il avait été remué sur place et non extrait ; il était difficile à différencier du remplissage ; celui-ci en effet mêlait la terre végétale (limon brun, alluvial) et le sable et le gravier sous-jacents, avec plus de sable que de terre. En fait, à part les vases, l'abside apparaît surtout comme le résultat du creusement lié à l'implantation des pieux à la tête du défunt.

Les pieux et piquets sont au nombre de onze relevés (et non 6 à 8 comme dit dans Lobjois et Villes, 1980, ni 10 comme figuré sur le plan, qui d'ailleurs est faux) mais d'autres ont probablement été détruits avant relevé par le piétinement de fouilleurs indisciplinés ; les tombes 19 et 21 étaient immédiatement contiguës (beaucoup plus que le plan de Lobjois, 1969, p. 25, ne le laisse supposer) et ont pu aussi en avoir détruit.

Le plan et les coupes montrent, mieux qu'une description, la disposition de ces pieux, dont plusieurs s'enfonçaient en biais. Trois étaient le long du bord sud de la fosse, dont deux dans un même ensemble de mélange sable + terre végétale (pieu remplacé ?). Les deux traces dans l'abside étaient peu profondes et ne sont peut-être pas des piquets.

Le fond de la fosse avait des angles Ouest arrondis, contrastant avec leur caractère anguleux à la surface ; pas d'arrondi à l'Est par contre, mais un pan coupé créant une asymétrie.

Le squelette était couché sur le côté droit (fig. 1). Nous en avions fait un plan que G. Lobjois n'a pas jugé utile de publier, lui préférant le croquis en vue oblique de J.-L. Demetz sur lequel il a ajouté le contour de la fosse en pointillés mais en mettant, semble-t-il, la tête aux pieds (Lobjois, 1969, page 35). On remarquera la variation de l'orientation : 319° sur le croquis de Demetz, 330° dans le texte de Lobjois page 42, et celle de la largeur : 56 ou 70 cm (le chiffre exact étant 70 cm, mais je n'ai pas de document original pour l'orientation).

Le remplissage de la tombe, dont ni G. Lobjois ni A. Villes ne font état, était franchement anormal : la terre végétale descendait fortement dans son milieu (voir les coupes fig. 1), mais le squelette était inclus dans le mélange de terre végétale et de sable analogue à celui de la plupart des tombes. D'où la déduction d'un coffrage sur le corps (Rozoy, 1963). Par contre je ne puis suivre A. Villes lorsqu'il fait des 10 pieux qu'il a choisis (et mal figurés) une cabane. Ce peut être tout ce qu'on voudra et en particulier un monument élevé à la tête de la tombe et non pas sur tout l'ensemble de celle-ci.

La preuve ayant été faite de la présence de traces de pieux (qu'on n'avait pas relevées autour des tombes fouillées en 1961), une partie des fouilleurs ont donc consenti à les relever lorsqu'elles n'étaient pas trop loin des fosses.

La tombe 26

J'en ai moi-même, avec J. Rozoy, retrouvé autour de la tombe 26 que j'avais découverte sous une banquette non fouillée, du fait de son alignement avec d'autres tombes. Cette fois j'ai pu parvenir à isoler un secteur de la fouille et à éviter le piétinement, ou tout au moins le réduire. Un relevé de ces traces a été opéré. G. Lobjois, en tant que directeur de la fouille, a tout naturellement eu la primeur sinon de « les remarquer » (Villes, 1980), du moins de les publier (Lobjois, 1962), en nommant d'ailleurs les fouilleurs avec sa correction habituelle. Il avait alors publié le relevé de fouille qui a été établi contradictoirement (G. Lobjois, J.-L. Demetz, J. et J.-G. Rozoy, C. Chopplet et d'autres) et discuté sur place. En 1969 malheureusement, peut-être mal conseillé, il publiera un relevé modifié (suppression du sondage initial et de la signature du fouilleur). On trouvera figure 2 le relevé authentique. Rappelons que ceux qui ont assisté à la fouille n'ont jamais mis en doute la validité des traces relevées, qui ont été vérifiées par approfondissement et étaient bien cylindriques et verticales, sans les déviations qui caractérisent les traces de racines et de terriers (on a d'ailleurs écarté quelques traces de terriers dans la partie nord). Comme je l'ai écrit en 1963, ces traces ont été suivies depuis la terre végétale, c'est-à-dire — 0,25 m jusqu'à — 0,45 à — 0,60 m selon les cas. Elles ne communiquaient pas avec d'autres traces, ne bifurquaient pas, ni ne variaient de calibre. Voir à ce sujet J.-L. Demetz dans Lobjois 1969, page 211, et G. Lobjois, 1962, et 1969, page 194.

En particulier les traces de piquets le long des parois de la fosse étaient bien séparées de celle-ci et ne peuvent être attribuées à des racines, qui auraient été dans la terre riche de la fosse et non dans le sable stérile et pauvre. On distingue sur la photo publiée dans Lobjois, 1969, page 193, la coupe verticale de l'un de ces trous de piquets et, malgré la dessiccation en surface, une partie des coupes horizontales des autres.

On peut certes diverger (et c'est le cas entre G. Lobjois et moi) quant à l'interprétation de ces traces. Mais il est totalement aberrant, dix-huit ans après, de refaire le « plan » de la tombe sans consulter le fouilleur et d'associer pour cela la vue oblique prise par J.-L. Demetz pour son constat anatomique et une partie arbitrairement triée des relevés du fouilleur. La vérité scientifique m'oblige à dire que le « plan » de la tombe 26 de Pernant publié par A. Villes dans le Bull. S.P.F. 1980, page 90 est une œuvre d'imagination. Le dessin de J.-L. Demetz est en effet une vue cavalière (je l'ai vu faire) ; ni son auteur, ni G. Lobjois, ne l'ont jamais donné pour un plan : ils parlent de « vue générale » (Lobjois, 1962), de « dessin » (Lobjois, 1969, p. 205), de « schémas strictement anatomiques » et à nouveau de « dessin » (id. p. 211). J.-L. Demetz a donné tous ses soins à l'anatomie et n'a placé le cadre que pour mémoire et approximativement, comme il l'a précisé lors de la confection du croquis (fait de l'angle N.-E. de la fosse). D'ailleurs on y voit les parois ouest et sud en perspective, alors que la paroi nord est cachée (et cela permet de dissimuler la paroi est qui avait été détruite par le sondage initial). De la sorte A. Villes, en incorporant les parois vues en perspective, agrandit la tombe, ce qui lui permet de supprimer les traces de piquets qu'il n'a pas vues (il était à l'école primaire). Il ajoute ensuite un certain nombre de trous de poteaux qu'il a triés arbitrairement sur mon relevé et qu'il déplace ou agrandit à son gré de façon à obtenir un plan rectangulaire. Dans l'opération, la tombe a changé de forme (effet de perspective du croquis Demetz). Et le sondage initial (regrettable, mais réel) a disparu.

Une telle œuvre d'imagination jette en outre une suspicion (peut-être imméritée) sur la tombe 80 de Bucy-le-Long qui l'accompagne, dont on aimerait connaître les fouilleurs (non nommés), et dont les « trous de poteaux » ont des coupes bien peu convaincantes...

Un dernier point doit encore être relevé : les tessons qui « nous font penser qu'on a pu recouvrir le mort avec de la terre provenant des habitats » (Lobjois, 1962). Dès 1963 j'ai précisé (Bull. S.P.F., p. 182) que ces tessons se raccordaient tous au grand vase, sauf un seul. A. Villes a donc été bien maladroit de rappeler encore (S.P.F., 1980, p. 95) cette théorie romantique du XIX' siècle sans aucun fondement objectif (sinon la paresse de raccorder les tessons dispersés par les taupes).

Pour l'ensemble Mont-Troté-Rouliers, sur 146 tombes utilisables, 9 contenaient des vases fragmentaires, parfois (2 fois) la moitié d'un vase ou encore (2 fois) le fond découpé d'un très grand vase. Dans 4 cas c'était sous forme de tessons isolés et dans 2 autres, en sus de vases complets (dont, une fois tessons, de 5 vases différents, dont 4 décorés). Il s'agit d'un rite symbolique et non de « terre du foyer » dont on aurait pu, d'ailleurs, apporter quelques poignées (mais pas avec des demi-vases), de même à titre de symbole : cela reste entièrement à démontrer, c'est le type même de l'affirmation gratuite à partir d'une hypothèse invérifiable.

Tout cela ne procède certes pas d'une mauvaise intention. A. Villes est un chercheur consciencieux qui veut tirer le meilleur parti possible de fouilles à ses yeux fort anciennes. Cela démontre surtout le danger qu'il y a à manipuler les données... et à oublier de consulter les fouilleurs. A. Villes est assez souple encore pour savoir tirer les leçons de ses erreurs et je lui fais confiance pour cela.

La cabane

La structure de l'éventuelle cabane 26 de Pernant n'est certes pas évidente. G. Lobjois, qui (les ayant vus) admettait, comme J.-L. Demetz, les trous de piquets le long des bords, voyait (comme moi) des fascines retenant les parois (fig. 3, d'après Lobjois, 1969, p. 193, dessin de reconstitution), ce qui ne l'empêchait pas de penser que la tombe avait été rebouchée (avec de la terre provenant de l'habitation du défunt). J'ai de mon côté soutenu le non-rebouchage, à quoi l'on objecte (non sans bon sens) les odeurs, les carnassiers, le dérangement probable des os. Ces objections qui ne seraient pas aussi importantes dans l'optique du tumulus (Hatt, 1957) obligent à penser qu'il y avait quelque chose sur le corps : mais pas le sable extrait, et donc peut-être de la paille, de la mousse, des fougères, voire même des mottes de gazon, ou tout ce qu'on voudra. Mais le fait est que le sable gris-blanchâtre extrait de la fosse (près d'un mètre cube) n'y était pas, et que rien de positif ne vient soutenir l'idée de la terre provenant de l'habitat. En particulier, et je suis formel sur ce point, il n'y avait pas de charbon de bois dans la tombe 26 de Pernant. Nous n'en avons pas vu et les prélèvements qui ont été faits doivent permettre au besoin des analyses pour en chercher la trace non perceptible à l'œil.

La terre noire

En définitive, même si sa forme exacte demeure hypothétique, tout le monde, et même A. Villes, est d'accord sur la présence d'une cabane funéraire sur la tombe 26 de Pernant, et sur diverses autres. En particulier nous en avons trouvé (sous une forme différente) au Mont-Troté, publication en préparation prévue pour 1981. Ce qui demeure inexpliqué par contre (sauf si l'on admet mon hypothèse, quitte à la modifier comme dit plus haut), c'est la terre « noire » des tombes du La Tène I. Il n'y a aucun lien nécessaire entre les deux faits, car beaucoup de tombes à terre noire ne portent pas trace de cabane. Il n'y a pas de lien non plus avec la reprise du crâne dans la tombe (Rozoy, 1965). Le fait incontesté est que les matériaux extraits de la fosse (craie en Champagne, sable et gravier à Pernant) ne reposent pas sur le corps ni dans la tombe en aucune façon, et sont remplacés par une terre plus foncée, en général brune plutôt que vraiment noire.

A Pernant la plupart des tombes sont rebouchées avec le mélange de sable et de terre normalement prévisible, et le problème ne se pose donc que pour quelques sépultures, dont la tombe 26. En Champagne la terre foncée est la règle, mais au Mont-Troté et aux Rouliers (pour parler de ce que je connais) 11 tombes sur 141 utilisables à ce sujet étaient rebouchées avec la craie ; la plupart étant, semble-t-il, des tombes précoces de tradition hallstattienne, mais MT 54 est du La Tène I b. Les 130 autres étaient emplies de terre brune dont nous avons prélevé quantité d'échantillons.

Les constatations faites sur cette terre foncée suggèrent toutes une analogie, sinon une identité, avec la terre végétale de l'époque (Rozoy, 1963, G.E.A.C.A., 1970, Lobjois, 1977). La terre foncée des tombes est absolument analogue d'aspect au remplissage spontané de la partie supérieure des fossés d'enclos, qui est homogène sur une forte épaisseur au Mont-Troté et aux Rouliers (Quatreville, 1972-1973). Les nombreux prélèvements effectués dans les unes et les autres permettront pour la publication définitive de préciser la composition sédimentologique et minéralogique, les premières analyses déjà publiées (G.E.A.C.A., 1970) indiquent une identité. Signalons à propos du remplissage des tombes de Pernant que la figure 15 de Lobjois (1969) est tout à fait fausse, en effet la distance maximale observée entre tombes est de l'ordre de 50 m alors que la distance de la dernière tombe à la rivière est de l'ordre de 100 m. En fait il y avait moins de terre végétale dans la partie proche de la rivière (et non pas « plus »), ce qui facilitait la perception des structures. Et les imputations de « terre des habitats » sont, comme on l'a vu, sans fondement réel : la présence de charbon de bois si souvent postulée est en fait exceptionnelle et toujours limitée, évoquant un foyer localisé et non un apport de terre ; ces rares foyers localisés font d'ailleurs penser à un incendie de la cabane funéraire (accidentel ou non) ou plutôt, car ils sont localisés, à une pratique religieuse quelconque, mais ils trouvent place très au-dessus du corps après que (d'une façon ou d'une autre et à une date ou à une autre) une quantité appréciable de terre foncée ait recouvert le corps ou le squelette.

Tant qu'une hypothèse plus raisonnable ne pourra être avancée je persisterai à penser que la terre foncée (et non noire) des tombes gauloises indique bien sinon le non-rebouchage, du moins un rebouchage avec toute autre chose que les matériaux extraits, et très probablement le dépôt sur le corps au lieu de ceux-ci de matériaux végétaux (paille, mousse, fougères, etc.) sans compter encore le chaume de la cabane funéraire, le tout étant substitué progressivement, à mesure du tassement, par la terre végétale ancienne (rebouchage spontané) ou peut-être en partie par une couverture, mais exclusivement végétale, ce qui resterait à expliquer.

BIBLIOGRAPHIE

G.E.A.C.A., 1970 — La nécropole du Mont-Troté. Bull. G.E.A.C.A., n° 7, pp. 1-62 (chez l'auteur, 25 F).

HATT (J.-J.), 19O7 — Rites funéraires des Celtes et des Protoceltes. Bull. S.A.C., pp. 5-8.

LOBJOIS (G.), 1962 — Remarques sur une sépulture de la nécropole La Tène I de Pernant (Aisne). Revue du Nord, XLIV, n° 176, pp. 403-407.

LOBJOIS (G.), 1969 — La nécropole gauloise de Pernant (Aisne). Celticum XVIII, 1, pp. 1-284.

LOBJOIS (G.), 1977 — La nécropole gauloise de Bucy-le-Long (02) - Les tombes 052 à 082. C.A.N.E., XX, (1-2), p. 11-54 et 55-94.

LOBJOIS (G.) et VILLES (A.), 1980 — Nouveaux éléments sur la "maison du mort" à la Tène I. Bull, S.P.F., 77, n°3, pp. 89-96.

QUATREVILLE (A.), 1972-1973 — Les enclos rituels (époque de La Tène) dans les nécropoles de Manre et d'Aure (Ardennes). Bull. S.A.C., 63-66, pp. 13-55 et 66 n°4, pp. 17-36.

ROZOY (Dr J.-G.), 1963 — La cabane funéraire à La Tène I - Explication de la terre noire des tombes gauloises. Bull, S.P.F., LX, n° 3-4, pp. 178-185.

ROZOY (Dr J.-G.), 1965 — Les tombes sans crâne à La Tène I au Mont-Troté. Bull. S.P.F., LXII, n°1, pp. 253-261.

VILLES (A), voir Lobjois et Villes.

LÉGENDES DES ILLUSTRATIONS

Fig. 1. Pernant, tombe 20 - Plans et coupes.

La tombe contient le mélange normal de sable et de terre, mais la terre brune descend dans la sépulture, ce qui indique un affaissement important, qui n'a pas lieu dans la plupart des autres tombes. Il y avait donc sur le corps un coffrage réservant un volume libre. Les traces de pieux sont toutes à la tête et supposent un monument de petites dimensions.

Fig. 2. Plan des structures relevées autour de la tombe 26 de Pernant.

Le tireté est une hypothèse d'interprétation. Le sondage initial a détruit le pied de la tombe (y compris les orteils et l'extrémité des fers de lance). Certaines traces de pieux étaient plus foncées que d'autres et l'une (à la tête) était annulaire, la plus grande partie de l'anneau étant à peine visible. A ce niveau (15 cm sous la terre végétale) l'offrande animale, le crâne et la poterie commencent à apparaître. Le remplissage est brun foncé, identique à la terre végétale de surface. Comparer à l'interprétation de A. Villes (1980) : forme de la tombe et emplacement des pieux sont différents, le diamètre des pieux aussi...

Fig. 3. La cabane funéraire, telle que la voyait G. Lobjois (1969).

Les fascines retenant le sable des parois ont été fort bien figurées par notre ami disparu, qui en avait lui-même discuté sur place les traces conservées. Ce qui ne l'empêchait pas de penser que la tombe avait été rebouchée, mais il pensait qu'elle avait pu être préparée assez longtemps à l'avance (d'où les fascines).


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