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Docteur Jean-Georges Rozoy


Résumé des abréviations utilisées dans les articles : consulter la liste.

1997

Dr J.-G. Rozoy

SÉJOURS D'ÉTÉ EN ARDENNE DES MAGDALÉNIENS DU BASSIN PARISIEN



LES SITES

On connaît au Sud-Est de Paris 28 stations identifiées de façon certaine comme appartenant au Magdalénien supérieur (fig. 1). On peut leur rattacher deux autres sites dans le Morvan (listes et références en annexe). Plusieurs de ces gisements sont très riches et ont fait la preuve de séjours distincts des chasseurs. A Etiolles, Y. Taborin (1983, 1994) et M. Olive (1983) ont distingué 21 campements, dont certains nettement superposés, sans qu'il soit facile actuellement de déterminer même à peu près la durée écoulée entre deux occupations. De plus, ces 21 sols "ne se ressemblent pas" (Taborin 1983). A Pincevent (Leroi-Gourhan 1966, 1972), outre des habitations simultanées, il y avait aussi des unités distinctes ("une vingtaine", Julien 1989, sans compter ce que la drague a détruit) et des superpositions, et les fouilles anciennes des Beauregards avaient mis en évidence, de façon beaucoup moins précise, de multiples concentrations d'outillage séparées (plus de 25, Schmider 1971, 1984). A Marsangy, 7 unités d'habitat (Schmider 1994), à Verberie au moins 6, "correspondant à de petits campements de courte durée" (Audouze 1994). A Barbey (Lang et Seara 1994), plusieurs concentrations. D'autres sites paraissent n'avoir été utilisés qu'une seule fois. Ils ne semblent pas les plus nombreux, ni surtout les plus abondants, et les grands sites pourraient bien être des accumulations de camps petits ou moyens non strictement synchrones plutôt que des "sites d'agrégation" (Conkey 1992). La mobilité des chasseurs paléolithiques n'est d'ailleurs plus à démontrer, mais il reste à savoir, entre autres choses, dans quel périmètre elle s'exerçait.

La plupart des sites du Magdalénien supérieur sont groupés dans des régions assez restreintes, de l'ordre de 15 000 à 30 000 km2, contrastant avec la vacuité environnante (Rozoy 1988 a, 1992 a, b, 1994). On peut donc distinguer des territoires occupés, ceux où les sites sont proches, et des territoires visités où ne figurent que quelques sites distants de 50 ou 100 km les uns des autres (espaces habités et espaces parcourus de Fr. Audouze, 1992, territoires habituels et territoires occasionnels de Y. Taborin, 1992). Les indices qualitatifs et quantitatifs typologiques, techniques, artistiques et autres montrent constamment, pour une époque définie, une homogénéité suffisante au sein de chaque région pour que l'on puisse conclure, malgré des faciès spécialisés, à l'existence d'un seul groupe de population utilisant cette région pendant cette période (pour le Bassin parisien, Schmider 1984, Taborin 1994, Audouze 1992, Julien 1989. Contra : Kozlowski 1985, Bosselin et Djindjian 1988, Otte 1992). Certains des camps isolés dans un ou plusieurs sites de la région peuvent donc avoir été établis par les mêmes personnes, soit à des saisons diverses de la même année, soit à une ou plusieurs années d'intervalle. Mais cela ne suffit pas à définir le périmètre utilisé par ces chasseurs. Il y a eu des expéditions plus lointaines. Certaines créaient dans le territoire visité des sites isolés comme Verberie (Audouze 1981, 1992) ou St Mihiel (Breuil 1905, Tixier 1968, Thévenin 1976), à 100 km du territoire de base. D'autres formaient de véritables zones occupées à distance du territoire central.

Parmi les 13 sites connus sur le massif primaire ardennais (Condroz et Famenne inclus) pour le Magdalénien supérieur, la plupart par des fouilles très anciennes, deux seulement sont susceptibles d'études statistiques : Chaleux (Dupont 1872, Sonneville-Bordes 1961, Otte et Teheux 1986, Teheux 1994) et Roc-La-Tour I (Rozoy 1988 b). Un quatorzième gisement récemment découvert en Belgique viendra bientôt compléter le tableau. Le style de débitage, celui des outils, l'analyse qualitative de ceux-ci comme la statistique typologique (fig. 2) montrent à l'évidence qu'il s'agit en Ardenne du même groupe culturel que dans le Bassin parisien (Rozoy 1988 b).

La seule variation importante, qui a même donné lieu à l'idée de deux phyla distincts du Magdalénien (Schmider 1971-1984, p. 167, Bosselin et Djindjian 1988), concerne les lamelles à bord abattu. Mais elle existe dans les deux groupes géographiques. Pincevent-36 est similaire à Roc-La-Tour, la seule différence, faible, tient à l'inclusion dans les outils pour Roc-La-Tour des lames et éclats utilisés que A. Leroi-Gourhan avait traités à part (fig. 2). Pincevent (habitation 1) est pratiquement identique à Chaleux et au Frontal. Le graphique-fantôme de Roc-La-Tour I (lamelles à bord abattu ramenées au taux de Pincevent, habitation 1) montre qu'avec tant de lamelles à bord abattu il y a moitié moins de burins de toutes sortes (qui ont servi à façonner les pointes de sagaies) qu'à Pincevent (habitation 1), et plus de lames et d'éclats retouchés ou tronqués : ce serait peut-être, à Pincevent 36 comme à Roc-La-Tour I, un facies plus domestique, moins consacré à la chasse. A. Leroi-Gourhan et M. Brézillon (1966, p. 304, 1972, p. 329), avaient constaté à Pincevent que les lamelles à bord abattu avaient, comme les perçoirs, servi à "une activité bien déterminée et de caractère domestique". Ce sont donc plutôt des couteaux de cuisine que des tranchants latéraux de pointes en os (Moss et Newcomer 1982, le seul exemple donné par ces auteurs comme pointe de projectile à Pincevent n'est pas une lamelle à bord abattu mais une lamelle tronquée, et les lamelles trouvées à Pincevent insérées latéralement sur une pointe de sagaie, Leroi-Gourhan 1983, sont incluses dans la sagaie, on ne sait pas si ce sont des lamelles à bord abattu).

De toutes façons, la présence des deux variantes dans les deux régions, dans des proportions pratiquement identiques, ne fait que souligner la communauté culturelle entre l'Ardenne et le groupe de Pincevent, comme aussi l'unité d'ensemble du groupe humain. Les sites de l'Ardenne ont-ils été produits par des chasseurs autochtones, apparentés avec ceux de Pincevent, d'Etiolles etc , mais sans lien matériel direct avec eux ? Ou s'agit-il des mêmes personnes allant de la Seine à la Meuse, et vice-versa ?

LES FOSSILES APPORTÉS

Les travaux de Dupont (1865, 1867, 1872) ont montré il y a 130 ans que les "troglodytes de la Lesse" ont apporté dans leurs cavernes des fossiles tertiaires ramassés dans la région de Paris, à Grignon, et dans la Montagne de Reims, à Courtagnon, ainsi que des polypiers du grès vert de la région de Vouziers : ces apports jalonnent véritablement la route suivie (fig. 1, et voir les inventaires en annexe). D'autres coquilles fossiles du Bassin parisien ont été trouvées par Hamal-Nandrin et Servais (1925) dans la couche B (magdalénienne) du Coléoptère (Dewez 1987, p. 419) : quinze coquilles appartenant à 6 espèces, toutes les coquilles de cette couche viennent du Bassin parisien. De nouvelles coquilles ont été trouvées dans les fouilles récentes (trois à Chaleux, Otte et Teheux 1986, deux au Frontal, Léotard et Cauwe 1986), toutes proviennent du Tertiaire du Bassin parisien. On ne peut envisager des échanges de proche en proche pour expliquer ces apports, puisqu'aucune station magdalénienne n'est connue sur ce trajet. Il faut donc bien que ces objets - tous des éléments à valeur idéologique, qu'il s'agisse de parure personnelle, de signes d'appartenance culturelle, de fétiches ou de tout autre motif non directement utilitaire - aient été transportés de bout en bout par des personnes allant de l'une à l'autre région.

Il ne s'agit pas d'exemplaires uniques, mais de dizaines d'objets : 67+3 à Chaleux, 16 (d'après Dewez 1987, p. 224) +2 au Frontal (fig. 3), 15 au Coléoptère. Sauf dans un cas (Goyet), ils sont isolés, probablement apportés un à un. M. Dewez (1987, p. 152) précise pour Chaleux les 13 espèces (v. annexe). Il y a une seule coquille fossile (Rynchonella) du Secondaire, dont l'origine ne peut être assurée, elle est courante en Lorraine mais aussi ailleurs. Puis trois Spongiaires de la région (dont un Jerea pyriformis identique à celui de Roc-La-Tour I). Comme au Coléoptère, seule une cloison de Nautile est d'origine locale, toutes les coquilles sauf une viennent de la région parisienne. Au Frontal il y a d'après M. Dewez (1987, p. 224), 3 coquilles (Orthoceras) des calcaires dévoniens de l'Ardenne belge, pour 16 (de 8 espèces) venant du Tertiaire du Bassin de Paris. Au Trou Magrite, toujours d'après M. Dewez (1987), 8 coquilles fossiles (4 espèces), toutes du Tertiaire du Bassin de Paris. A Verlaine (Dewez 1987, p. 391), 15 coquilles tertiaires, toutes du Bassin de Paris, plus trois cloisons de Nautile (locales). A Goyet, c'est un amas ("collier") de 180 Turritelles (fig. 4), une Glycimeris et la réglementaire cloison de Nautile (seule locale). Plus une Potamides papaveraceus venant soit de la Touraine, soit du Gers ou des Basses-Pyrénées. On saisit là la différence entre les coquilles propres au groupe du Bassin parisien, nombreuses, et la rare coquille exotique tenue d'un autre groupe (groupe de la Vienne, ou même d'Isturitz). Au total, 314 coquilles de 32 espèces, soit 3,5 fois plus que les 91 exemplaires de 21 espèces dénombrés pour les sites du Bassin parisien par Y. Taborin (1994, p. 77) - 92 avec la Bayana lactea trouvée par A. Bridault (1994) lors de l'étude du Tureau des Gardes. Compte tenu de l'acidité des sols dans les plus riches sites du Bassin parisien (Les Beauregards), et des dénombrements encore en cours dans les sites à fouilles récentes, dont témoignent les différences des relevés d'Y Taborin (1993, p. 66, et 1994, p 77), les présences des coquilles sont du même ordre de part et d'autre. Comme dans la région parisienne, où les coquilles d'Etiolles sont toutes différentes de celles de Pincevent (Taborin 1993, p. 462), les associations sont variables d'une grotte à l'autre, évoquant soit un choix culturel, soit des prélèvements dans des sites coquilliers distincts (il faudrait se pencher sur les associations naturelles dans ces sites). L'un ou les autres sont peut-être liés à des époques différentes : 6 espèces sur 8 au Frontal, et 3 sur 6 au Coléoptère, ne figurent pas à Chaleux; à Verlaine, sur 9 espèces, une seule (Hipponix cornucopiae Lmk) est présente à Chaleux, 3 autres se trouvent au Frontal et à Magrite, 5 sont propres au site. A Magrite, seule une Bayana lactea (sur 4 espèces et 8 coquilles) est commune avec Chaleux et le Coléoptère.

Tous les sites d'habitat magdaléniens certains de l'Ardenne où la conservation des coquilles était possible ont fourni des fossiles du Bassin parisien (Vaucelles n'en a pas donné, mais il n'y avait là que 3 000 bois de chute de renne et presque aucun silex. A Walou, les couches magdaléniennes, pauvres, sont à peine abordées, mais il y avait une coquille au Bay-Bonnet, juste à côté. Du Trou Reuviau on n'a presque rien). Les sites sur loess au nord du massif primaire (Kanne, Orp, Vermeersch 1981, Sweykhuizen, Mesch etc, Rensink 1993) ne peuvent être discutés en la matière puisque les coquilles ne pouvaient s'y conserver; mais ils appartiennent au groupe rhénan d'après leur composition typologique et le transport de leur silex en Rhénanie, et on sait que ce groupe va chercher ses parures ailleurs, en Baltique et au Sud de l'Allemagne. Le site de Martinrive à Aywaille, incursion creswellienne en territoire magdalénien, n'a pas fourni de coquilles tertiaires (Dewez 1987), bien que la zone belge où le sous-sol pourrait en recéler soit en territoire creswellien (Fagnart 1992, 1993). La trouvaille de cloisons de Nautiles à Marolles sur Seine (Alix et alii 1993) confirme encore plus l'identité culturelle des groupes magdaléniens belge et parisien.

D'OU VIENNENT LES COQUILLES ?

S'agit-il de "longs voyages" individuels de personnes quittant leur groupe une ou plusieurs saisons pour visiter les lointains cousins que la tradition et les récits des aînés placent à dix jours de marche vers le couchant du soleil d'hiver ? (Ou, pour les parisiens, vers le soleil levant d'été). Puis revenant, "pleins d'usage et raison, vivre entre leurs parents le reste de leur âge", rapportant quelques parures échangées avec ces parents éloignés ? De telles expéditions à grande distance, et beaucoup plus loin que les 300 km de notre cas, sont attestées chez les "primitifs" subactuels, et vraisemblables pour les paléolithiques. Elles sont même nécessaires pour expliquer la diffusion assez rapide des modes et des inventions : les contacts de groupe à groupe devaient être assez fréquents, malgré les distances. Y. Taborin (1992, p. 423, 1993) a d'ailleurs montré que "les coquillages ont beaucoup circulé et leur dynamisme témoigne d'une large ouverture spatiale des groupes".

Si les fossiles transportés de Grignon et Courtagnon (et autres lieux, Taborin 1993) à Chaleux et au Frontal y étaient parvenus de la sorte, les sites de l'Ardenne pourraient être les témoins d'un groupe régional autonome, comme le pensent les chercheurs du Bassin parisien (Julien 1989, Audouze 1992) qui ne manifestent pour ces "étrangers" qu'une curiosité distante, analogue à celle accordée aux Magdaléniens d'Allemagne ou de Bohême. Le fort nombre de pièces est toutefois étonnant pour des objets intrusifs dans la culture locale, car Y. Taborin (1992, 1993) montre que les apports de coquillages venant d'autres groupes géographiques se comptent par unités, même dans les sites ou régions les plus riches, au milieu de nombreuses coquilles propres au groupe. C'est normal puisque la parure est le signe même de l'appartenance au groupe social. Les coquilles extérieures témoignent donc "des contacts et des alliances" (Taborin 1993, p. 524). Plus étonnante encore est la quasi-exclusivité de ces coquilles soi-disant exogènes. Avec de très rares exceptions, toutes les coquilles fossiles viennent du Bassin parisien, seule une cloison de Nautile par site est d'origine locale (voir annexe 2). Si ces Magdaléniens avaient résidé essentiellement dans l'Ardenne, ils se seraient procuré, comme les Creswelliens de la couche supérieure de Presles (Dewez 1987, p. 33), des coquilles venant de toute la région, y compris côtes de la Manche, de la Mer du Nord, Angleterre. Il n'y en a pas une. On ne peut donc croire à des apports depuis un groupe étranger, il faut que les gens de l'Ardenne soient basés dans la région de Paris. C'est d'ailleurs ce que pensent les chercheurs belges (Otte 1989, Dewez 1992).

F. Audouze (1992, p. 353) écarte toute idée de communauté sociale entre le groupe du Bassin parisien et celui de l'Ardenne (qu'elle réduit curieusement au seul site de Roc-La-Tour I, comme si la frontière avait existé alors, ignorant les gisements où la faune est conservée et fournit les indications de saisons, v. ci-dessous), parce que "les couches géologiques d'où viennent les fossiles existent également dans la région de Bruxelles". Mais les affleurements y sont très rares, les couches étant couvertes par le loess, les sables de couverture et les alluvions (fig. 5). L'éocène (Bruxellien, équivalent régional du Lutétien), est là sous des faciès sableux et continentaux (Gignoux 1943, p. 470). Lorsqu'il est calcaire, il est souvent concrétionné, cimenté (Dupuis 1994). Le plus souvent il est très largement décalcifié, on y trouve au mieux de rares moules internes peu esthétiques et peu solides (Donte 1994). On trouve parfois quelques coquilles transportées par les fleuves sur les plages actuelles (Knock, Anvers), mais c'est loin des sites de l'Ardenne et c'est le produit d'un transport postérieur au Magdalénien. On ne connaît dans la région de Bruxelles aucun gisement coquillier tertiaire, malgré les travaux très approfondis des géologues belges et malgré un peuplement actuel dense entraînant des coupes de terrain partout. A plus forte raison à la fin du dépôt du loess, lorsque l'érosion holocène n'avait pas encore dégagé les rares affleurements actuellement accessibles. P. Haesaerts (1994) pense que des incisions de cette couverture loessique ont existé déjà lors du Magdalénien, mais que le Bruxellien bien décrit jadis par Rutot étant un éocène marin, différent de celui (lagunaire, et donc favorable aux coquilles) de la région de Paris, on n'y trouverait pas les mêmes coquilles et surtout pas toutes les espèces de coquilles de l'Eocène parisien. Les coquilles trouvées dans les sites magdaléniens belges viennent donc bien, à son avis, de la région de Paris.

On ne connaît pas non plus de sites magdaléniens dans la région où le sous-sol (et non le sol) aurait pu contenir ces fossiles : rappelons que c'est un territoire des Creswelliens - mais même ceux-ci ne semblent pas en avoir trouvé. Eric Teheux (1994), dans un excellent mémoire de licence, émet bien à titre d'hypothèse de travail l'idée que des coquilles auraient pu être trouvées dans les dolines voisines des sites, qui auraient piégé des restes de sédiments tertiaires. Aucune trouvaille de cet ordre n'a jamais été faite dans ces dolines, où l'on a cherché des sites pré- ou protohistoriques, et de plus les arguments ci-dessus relatifs à la différence entre le Bruxellien et l'Eocène parisien s'appliqueraient aux dépôts tertiaires hypothétiques de ces dolines. C'est toutefois évidemment une voie de recherche à explorer, mais en attendant, comme le conclut sagement E. Teheux (1994, p. 136), "les hypothèses de E. Dupont demeurent toujours valables et d'actualité".

Les sites coquilliers, tout géologue le sait, ne sont pas répartis uniformément, il y a des zones plus propices, des "faluns", et d'autres où l'on est heureux de trouver un fossile tous les cent mètres. Y. Taborin (1993, p. 9) insiste sur la détermination précise des habitats des coquillages : "conditions étroites de température, de salinité, de profondeur qui déterminent son habitat avec précision". Elle fournit (p. 66 et p. 466) la carte et la liste des sites coquillifères éocènes français (pour des raisons géologiques, les sites miocènes et plio-pléistocènes ne sont pratiquement pas en cause pour les sites du groupe parisien). Elle écrit (p. 97) : "Les magnifiques coquillages éocènes du Bassin Parisien n'ont pas connu la gloire d'une diffusion intense", les points les plus éloignés étant Arcy-sur-Cure (200 km, p. 69) et Solutré (300 km, p. 68), mais ce n'est pas du Magdalénien supérieur. La diffusion massive en Ardenne, à 250 km de Grignon (vallée de la Lesse) et 300 km (Verlaine et Le Coléoptère) n'indique pas des déplacements beaucoup plus loin (150 et 210 km de Courtagnon et des sites de la région de Reims). Notons aussi la présence au S.O. de l'Allemagne, à 350 km, à la Gnirshöhle, datée du début du Bölling, de "coquilles perforées et silex provenant du Bassin parisien" (Albrecht 1989). La confirmation détaillée des origines de ces associations nécessiterait un travail de spécialiste, car les noms de beaucoup de coquilles ont été changés depuis un siècle et il est difficile de s'y retrouver.

Même si des coquilles tertiaires étaient trouvables en Belgique, il n'y aurait aucune vraisemblance à ce que deux groupes étrangers l'un à l'autre taillent leurs silex dans les mêmes formes et dans les mêmes proportions jusque dans le détail (voir ci-dessus et fig. 2), collectent les mêmes fossiles, y compris les cloisons de Nautile qui pèsent jusqu'à un kilogramme, etc. A Gönnersdorf on fait des burins sur troncature au lieu de dièdres, en Aquitaine, des burins bec-de-perroquet, qui ne pénètrent pas dans les Pyrénées ni vers Paris, bref chaque groupe a ses manies, qu'il ne partage pas avec les voisins; l'abondance des perçoirs et des becs n'est que l'une de celles des groupes du Bassin parisien. L'identité des pratiques techniques et culturelles ne peut s'expliquer autrement que par une communauté sociale effective, une partie des groupes du Bassin parisien venant périodiquement jusqu'en Ardenne. L'Ardenne, en effet, n'était habitée qu'en été.

LES BOIS DE RENNES FEMELLES

Divers indices pointent dans cette direction. L'étude de Roc-La-Tour I (Rozoy 1988 b) avait montré que ce site de hauteur (410 m, à 275 m au-dessus de la vallée), protégé des vents du Nord-Ouest par une muraille rocheuse, était fort peu propice à une occupation d'hiver ou de printemps. Il devait s'y constituer à la mauvaise saison, derrière le rocher, à l'endroit occupé, une congère de neige et de glace lente à disparaître. Il ne s'agissait alors que d'une hypothèse de travail. On pouvait encore penser que Chaleux, bien exposé au sud-est, peu au-dessus du fond de la vallée de la Lesse, et disposant (Noirel-Schutz 1990) d'un microclimat exceptionnellement doux, était au Bölling, avec les autres sites voisins, le camp d'hiver ou même le centre principal plus ou moins permanent. Or M. Patou a montré que les bois de renne du Trou de l'Ossuaire à Presles, couche III, sont des bois de chute de femelles, qui tombent à la fin du printemps (mai-juin). Ils sont de moindre qualité que les bois des mâles, qui tombent en hiver, "saison durant laquelle l'homme préhistorique ne devait pas être présent dans la région" (Patou 1992, p. 315). Bien qu'il s'agisse à Presles de Creswellien, c'est un second élément majeur pour comprendre l'utilisation de l'Ardenne "au" Magdalénien supérieur : L'Ardenne a pu rester vide en hiver. Si c'est bien le cas, l'abondance (relative) des témoins esthétiques en Ardenne s'explique comme une activité d'été, et cela fait disparaître la seule différence retenue par Y. Taborin (1994, p. 181) pour séparer le groupe du Bassin parisien de ceux de "la vallée de la Meuse", qui sont en réalité dans l'Ardenne près des affluents très encaissés de ce fleuve. Les grottes et les reliefs contrastés de l'Ardenne, répondant à la règle générale de choix des Magdaléniens (Straus 1993), sont alors les compléments des larges vallées fluviales avec gués et des forts reliefs de grès et de sables fréquentés au sud-est de Paris.

M. Patou (1992, p. 315) écrit "il faudrait étudier les 150 bois de chute de rennes découverts par Dupont au Trou des Nutons pour savoir s'ils proviennent également de femelles". Elle paraît ignorer que cet examen a été publié il y a 130 ans par Van Beneden (1864, 1865), zoologiste, promoteur des fouilles de Dupont : ce sont "des bois de mue de rennes, ayant appartenu en majorité à des femelles; nous ne sommes pas même certain d'y voir la présence d'un bois de mâle". (...) "Ces merrains appartenaient à 150 individus au moins, en ne prenant que les bois possédant leur couronne" (Dupont 1867, II, p. 61, cité par M. Dewez 1987). Mais le Trou des Nutons, proche du Frontal (150 m), n'a fourni qu'une petite série comportant surtout des lamelles à dos, 2 sagaies (Sonneville-Bordes 1961) et une coquille tertiaire. La contemporanéité avec Chaleux et le Frontal est possible, probable, mais non assurée. Un stock de bois de renne a été trouvé aussi à la Roche Plate à St Mihiel (Breuil 1905, Tixier 1968), ce pourrait être un caractère culturel du groupe humain.

Il faut donc préciser les sous-périodes au sein de cet ensemble. La couche III du Trou de l'Ossuaire, creswellienne, est en effet attribuée par M. Patou à la fin du Dryas I, période très froide. La couche III de Vaucelles (Bellier et Cattelain 1983, 1986) avait livré la même indication (bois de femelles et de jeunes) pour la même période (2 dates radiocarbone autour de 13 800 B.P.). L'occupation du Trou des Nutons peut dater aussi bien du Dryas I que du Bölling. La couche B du Coléoptère est datée au Dryas II par la sédimentologie, la microfaune et deux analyses radiocarbone (Dewez 1987, p. 419). L'utilisation uniquement estivale de l'Ardenne est donc démontrée pour le Dryas I par l'étude des bois de renne. Pour le Bölling et le Dryas II, la communauté de groupes sociaux entre les deux régions demeure prouvée par l'identité des typologies s'ajoutant à l'abondance anormale et à la quasi-exclusivité des coquilles importées, mais sans indication probante de saison jusqu'ici. En fonction de la latitude et de la période, les séjours estivaux ou durant toute l'année demeurent pour le Bölling des hypothèses presque aussi plausibles l'une que l'autre. B. Schmider (1989, p. 227) pense que les grottes du bassin de la Meuse "pouvaient constituer les habitats permanents " des groupes ayant établi "les habitats saisonniers de l'Ile-de-France". Cette hypothèse ne pourrait être retenue pour le Dryas I, elle paraît peu probable pour le Dryas II, mais elle semble possible pour le Bölling, surtout en fonction du micro-climat local de Chaleux (Noirel-Schutz 1990), qui s'étendait probablement à une bonne part de la vallée de la Lesse. Jusqu'à preuve contraire, par exemple par l'examen des bois de mue de Chaleux, les séjours en Ardenne ont pu occuper toute l'année au Bölling, mais en tous cas la communauté de culture ne peut être méconnue à cause des coquilles, des taux de perçoirs etc. Il faut chercher à préciser les chronologies et les contemporanéités.

La couche II de Vaucelles, dont la date est estimée au Bölling, a fourni dans les fouilles récentes la même exclusivité de bois de renne femelles, sans un seul bois de mâle (Cattelain 1994). C'est un premier indice, bien que l'on n'ait pas trouvé sur ces bois de traces de travail humain, mais leur rassemblement devant la grotte est plus qu'évocateur. A Chaleux, les recherches récentes (Otte et Teheux 1986) dans des marges subsistantes ont donné, outre les dates radiocarbone au Bölling, 132 os déterminables, dont 60 de cheval et 7 de renne, sans pouvoir attribuer de sexe (Patou 1992, la prédominance du cheval concorde avec les résultats de Dupont, 1872). Mais les fouilles anciennes de Chaleux ont fourni (Dewez 1987, p. 94), à côté d'une énorme quantité de bois de renne travaillés (bois de massacre), 40 fragments de bois de chute de rennes, qui ne paraissent pas avoir été étudiés par M. Patou : peut-être y a-t-il là une possibilité d'éclaircissement. Comme il s'agit de renne, cela ne peut provenir d'un mélange avec des couches plus récentes. La faune de Magrite signalée par M. Dewez (1987, p. 243) mériterait peut-être aussi un examen. La petite série faunique des fouilles modernes du Trou du Frontal, attribuée au Bölling (Léotard et Cauwe 1986, Dewez 1987), ne comporte pas de renne (Dupont en avait trouvé 5 individus, autant que de chevaux). D'autres études de faune pourraient aussi livrer des informations sur la saisonnalité.

AUTRES INDICES A APPROFONDIR

A Roc-La-Tour I, où l'os n'est pas conservé, les fentes de gel (ou de dessication) ultérieures sont attribuées au Dryas II, et l'altitude suggère fortement une date parallèle à celle de Chaleux (daté par le radiocarbone au Bölling) pour les multiples séjours des chasseurs sur le site. Les gravures du style IV récent de Leroi-Gourhan (Rozoy 1990 et fig. 6) ne sont pas une preuve décisive, mais concordent avec la date proposée et avec le style présent à Chaleux; une plaque de Chaleux porte des zigzags comme plusieurs des gravures de Roc-La-Tour I et comme un os de Goyet (le zigzag est rare dans le Sud-Ouest, Leroi-Gourhan, 1965, ne l'individualise même pas). La technique de dessin surlignant la bosse du bison de Roc-La-Tour est analogue à celle de la nuque de l'aurochs de Chaleux (fig. 7), le procédé indiquant la perspective aussi. L'absence totale des figurations féminines exclut la communauté avec Gönnersdorf.

On pourrait voir un autre élément de contemporanéité entre Roc-La-Tour I et les sites en terrain calcaire dans la présence de plaques "d'ardoise" et de psammite signalée par F. Twiesselmann (1951) et M. Dewez (1987) à Chaleux (5 ardoises conservées dont une gravée, et 7 grands psammites conservés dont 2 gravés), au Frontal (psammite gravé et non gravé), à la Rotche al'rue (2 ardoises dont une gravée), Goyet (nombreux psammites, dont 2 gravés) et Verlaine (schiste gravé et encoché, nombreux psammites), et dans les dallages de sol signalés par M. Dewez (1987) à Chaleux (fouilles Rahir), à la Rotche al'rue, à Verlaine. Il semble que Dupont n'ait pas saisi, ou pas retenu, les dallages, notamment à Goyet où il y a beaucoup de psammite. Rahir, cité par Dewez (1987, p. 52), écrit avoir vu des dallages dans presque tous les sites magdaléniens qu'il a fouillés. Le psammite est assez banal en Ardenne et en Condroz, mais on pourrait chercher à en préciser les variétés et donc, peut-être, les origines. Le dallage de Roc-La-Tour I en a fourni plusieurs centaines de fragments, de dix variétés au moins. Le schiste ardoisier, dont le dallage de sol de Roc-La-Tour I a fourni plus de 6 000 fragments (dont 600 gravés), est moins courant, il n'est pas présent dans la partie calcaire et les variétés en sont mieux identifiables. Le jais signalé à Chaleux et au Frontal se trouve aussi à Roc-La-Tour I (deux perles, dont une biforée comme celles de Chaleux) : il n'est peut-être pas impossible de l'analyser. Celui de Pincevent (habitation 1) est réputé d'une origine "extérieure au Bassin parisien" (Leroi-Gourhan et Brézillon 1966, p. 279). Il y a là tout un programme de recherche à monter, dont l'intérêt pourrait être de confirmer (ou infirmer, mais ce serait étonnant) l'existence de corrélations entre les 14 sites du massif primaire et, partant, l'homogénéité culturelle et chronologique de ce sous-groupe, et ses rapports avec le groupe de Pincevent.

L'étude des silex utilisés par les Magdaléniens de l'Ardenne en est restée jusqu'à présent à un stade artisanal. L'absence du silex de Marlemont à Roc-La-Tour I comme dans la vallée de la Lesse est certes un indice important, mais l'analyse pétrographique des multiples variétés de silex et d'autres roches (quartzite) employées dans la région pourrait apporter des informations beaucoup plus détaillées sur les rapports ou absences de rapports tant avec le Bassin parisien qu'avec les sites au nord de l'Ardenne et avec le groupe de Gönnersdorf. Un tel travail nécessiterait la participation d'un(e) pétrographe dans le cadre d'une coopération internationale à organiser entre les Universités de Paris et de Liège ou (et) de Bruxelles.

CONCLUSIONS

Sous réserve de confirmation ou infirmation par l'examen des 40 bois de chute de rennes de Chaleux et par des études pétrographiques diverses, il apparaît très probable que même au Bölling l'Ardenne n'ait été visitée qu'en été par un ou plusieurs groupe(s) du Bassin parisien. D'ailleurs, le territoire occupé autour de Pincevent, même en englobant Arcy-sur-Cure, couvre moins de 8 000 km2 (Verberie fait partie du territoire visité), ce qui est faible. Les surfaces habitées (territoires habituels) dans le reste de l'Europe varient de 15 000 à 35 000 km2 (Rozoy 1992 b), les plus vastes réunissant très probablement deux ou trois groupes régionaux (tribus). L'appoint des 5 000 km2 occupés en Ardenne donne aux Magdaléniens du Bassin parisien un espace vital comparable à celui de leurs cousins. La situation de ce territoire d'appoint se compare à celle du groupe de la Vienne, qui est toutefois à une distance moindre du Périgord que l'Ardenne ne l'est de Pincevent.

L'auteur remercie ses amis Claire Bellier et Pierre Cattelain, animateurs du C.E.D.A.R.C. (Treignes, Belgique), ainsi que Eric Teheux et Marylise Lejeune (Université de Liège), Daniel Cahen et Anne Hauser (Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique) pour l'aide apportée à sa documentation.

RÉSUMÉ

Les objets de parure personnelle trouvés dans les sites magdaléniens de l'Ardenne primaire sont presque exclusivement des coquilles éocènes apportées (par dizaines) du Bassin parisien. Aucun gisement susceptible de fournir ces éléments n'est connu en Belgique où les couches tertiaires, loin de l'Ardenne, sont masquées par le quaternaire (loess, sables etc). Le style de débitage, celui des outils, la typologie (en quantités comme en qualités) sont identiques entre l'Ardenne et le groupe du Bassin parisien. Les bois de renne utilisés en Ardenne sont au Dryas I des bois de femelles qui tombent au printemps, pour le Bölling de nouvelles analyses sont possibles et nécessaires. Les séjours uniquement estivaux en Ardenne sont donc prouvés pour le Dryas I et demeurent très probables pour le Bölling, en tous cas l'importance de la communauté culturelle avec le Bassin parisien ne peut être sous-estimée.

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Vignard (E.) - voir Delarue et Vignard.

LEGENDES DES ILLUSTRATIONS

Fig. 1 - Les sites magdaléniens du Bassin parisien et de l'Ardenne.

Le trait gras figure la limite du massif primaire (ardennais et rhénan). La partie nord de l'Ardenne, le Condroz et la Famenne comportent du calcaire dévonien avec des grottes, où sont la plupart des sites connus de cette région. Le trait souligné de hachures représente la limite de la craie, avec au nord-est de l'argile à silex sénonienne (Marlemont). Cercles vides : lieux d'origine des matériaux (Grignon, Courtagnon, Vouziers, Jamoigne, Marlemont, Charleroi, Ottignies). Les sites entre parenthèses ne sont pas magdaléniens (Hallines) ou non sûrs (Alsdorf, Férébrianges). La vacuité de la craie champenoise est totale (Marsangy est sur les alluvions).

Fig. 2 - Proportions des outils à Pincevent et en Ardenne.

Chaleux (2 921 outils) et Le Frontal (93 outils), d'après D. de Sonneville-Bordes 1961. Pincevent IV-4 (332 outils, habitation 1) et Pincevent IV-2 (1 100 outils, section 36), d'après Leroi-Gourhan 1966, 1972. Roc-La-Tour I (823 outils, les proportions sur 1 583 outils sont les mêmes. Fouilles et décomptes de l'auteur).

Le parallélisme est frappant, jusque dans la plupart des détails. La seule variation importante, anciennement connue, concerne le nombre de lamelles à bord abattu mais, comme discuté au texte, elle existe dans les deux sous-groupes. Les outils en silex varient peu au sein d'une même région au cours du Magdalénien moyen et supérieur, la partie sensible (les pointes de trait) étant faite en os ou en bois de renne, dont témoignent les burins. Il y a par contre d'importantes variations de région à région, selon les habitudes de travail des groupes humains : ici, l'abondance des perçoirs, le style des micro-percoirs (éléments absents en Périgord), la dominance des burins dièdres (le groupe du Rhin fait plus de burins sur troncature).

Fig. 3 - Les coquilles du Frontal, d'après M. Dewez (1987).

Certaines portent des perforations naturelles dûes à des animaux, mais il y a aussi des perforations d'origine humaine.

Fig. 4 - Le "collier" de Goyet, d'après M. Dewez (1987).

La disposition des pièces est "à peu près identique à celle qu'elles avaient sur le sol de la grotte", lors des fouilles anciennes, probablement "dans un endroit de la grotte mieux abrité que le reste du matériel".

Fig. 5 - Cartes géologiques de la Belgique, d'après Gignoux (1943) et Fagnart (1993).

Les géologues classiques font traditionnellement l'impasse sur le quaternaire, "mince couche sans caractère intéressant, tout juste bonne à nous cacher les affleurements". Encore Maurice Gignoux (carte du bas) a-t-il eu le bon goût de noter qu'il avait supposé enlevées les couches quaternaires. On pourrait donc croire que la région de Bruxelles permet de trouver des coquilles éocènes. Mais un quaternariste comme J.-P. Fagnart nous fournit la carte des sols réels : on voit que Bruxelles (croix), comme le reste de la Belgique, n'a accès à ces couches que par érosion holocène (postérieure au Magdalénien) ou au moyen d'engins de terrassement. La carte plus détaillée, mais limitée au loess proprement dit, publiée par D. Cahen et alii (1990) fournit pour le loess proprement dit la même précision. Voir toutefois au texte l'opinion plus nuancée de P. Haesaerts.

Fig. 6 - Le bison statique de Roc-La-Tour I (fouilles de l'auteur). Relevé C. Rozoy.

La solide plaque de schiste revinien a été brisée et écaillée par les Magdaléniens et les fragments dispersés (1,70 m entre les plus gros débris retrouvés). Le surlignage de la bosse et la perspective de la patte gauche (traits commençant à distance de ceux de la patte droite) ont leurs analogues sur l'aurochs de Chaleux (fig. 7). L'attribution au style IV récent de Leroi-Gourhan concorde bien avec une datation présumée au Bölling et une contemporanéité avec Chaleux.

Fig. 7 - La plaque de grès-psammite de Chaleux, d'après Dewez (1987).

Dupont, en 1865, avait conservé ces fragments parce qu'il s'agit d'un matériau importé. Les gravures ont été découvertes sous la calcite 80 ans plus tard à l'Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique par le Pr F. Twiesselmann (1951). L'aurochs est dynamique (irrité, il gratte le sol avant de charger), mais d'autres figurations sont statiques, notamment le renne surimposé. Le tracé de la corne droite commence à distance de la tête, d'où un effet de relief. La nuque est surlignée. Il y a aussi des signes. Au dos sont un grand cheval et deux capridés, dont un couché.

Annexe 1 : Sites magdaléniens de l'Ile de France et de l'Ardenne.

REGION DE PARIS

Ballancourt-sur-Essonnes Schmider 1971, 1984.

Barbey Barbey Lang et Seara 1994.

Beauregards-G.M.I Nemours Daniel 1953, Cheynier 1956, Schmider 1971.

Beauregards-G.M.bis Nemours Delarue et Vignard 1961 b, 1962, Schmider 1971, 1984.

Beauregards-Rocher Nemours Daniel 1953, Schmider 1971, 1984.

Beauregards-T. Or. Nemours Daniel 1953, Schmider 1971, 1984.

Beauregards-2° R. Nemours Daniel 1953, Delarue et Vignard 1961 a, 1963, Schmider 1971- 84.

Beauregards Nemours "une vingtaine au moins de points de concentration"
(Leroi-Gourhan, Brézillon Schmider 1976, Schmider 1971, 1984)

Belvédère-Rocher Chaintréauville Schmider 1971, 1984.

Buisson Campin Verberie Audouze et alii 1981.

Châlette Montargis Schmider 1971,1984.

Chemin de Sens Marolles-sur-Seine Bodu, Julien et Valentin 1994.

Etiolles Etiolles Plus de 20 unités. Olive 1983, Taborin 1983, Taborin 1994.

Grand Canton Marolles sur Seine Alix et alii 1993.

Lailly Lailly Locht et Depaepe 1994.

La Jouanne Les Choux Fardet 1946, Schmider 1971, 1984.

Lumigny Rozay-en-Brie Schmider 1971, 1984.

Maison Blanche Fontenay-sur-Loing Allain et alii 1978, Allain 1978.

Pierre aux Fées Cépoy Allain 1974, Allain et alii 1978.

Pincevent La Grande Paroisse Plus de 20 unités.
Leroi-Gourhan 1966, 1972, Schmider 1971, 1984.

Pré des Forges Marsangy "sur plusieurs kilomètres" (Leroi-Gourhan, Brézillon et
Schmider 1976) - Schmider 1994 - Carré et Combier 1982.

Tarterets I Corbeil-Essonnes Champagne et Schmider 1970, Schmider et Karlin 1975.

Tarterets II Corbeil-Essonnes Brézillon 1971, Schmider 1971, 1984, Schmider 1994 b.

Le Tilloy Ville St Jacques Schmider 1971, 1984; Degros, Schmider et Valentin 1994.
Le Tilloy 2 Ville St Jacques Schmider 1971, 1984; Degros, Schmider et Valentin 1994.

Troglodyte Nemours Schmider 1971, 1984.

Tureau des Gardes Marolles s.Seine Alix et alii 1993.

La Vignette Villiers-sous-Gretz Schmider 1971, 1984.

GROTTES DE LA CURE

Gr. du cheval Arcy-sur Cure Leroi-Gourhan 1984 ("Magdalénien moyen").

Gr. du Trilobite Arcy-sur-Cure Leroi-Gourhan, Brézillon et Schmider 1976 ("Magd. III").

Gr. des Fées Arcy-sur-Cure Leroi-Gourhan, Brézillon et Schmider 1976 ("Magd. III").

Abri Lagopède Arcy-sur-Cure Leroi-Gourhan et Leroi-Gourhan 1964,
Schmider et Valentin 1994.

Trou de la Marmotte Saint-Moré Parat 1896, Leroi-Gourhan, Brézillon et Schmider 1976,
Schmider etValentin 1994.

ARDENNE

Bay-Bonnet Forêt-Trooz Hamal-Nandrin et alii 1934, Sonneville-Bordes 1961, Dewez 1987.

Chaleux Hulsonniaux Van Beneden, Hauzeur et Dupont 1865,
Dupont 1865, 1867, 1872, Sonneville-Bordes 1961, Dewez 1987,
Otte et Teheux 1986, Noirel-Schutz 1990.

Coléoptère B Juzaine-Bomal Hamal-Nandrin et Servais 1925, Dewez 1975, 1987.

Frontal Furfooz Van Beneden 1865, Dupont 1865, 1867, 1872,
Sonneville-Bordes 1961, Léotard et Cauwe 1986, Dewez 1987.

Goyet Mozet Dupont 1972, De Bournonville 1955, Dewez 1987.

Magrite Pont-à-Lesse Dupont 1867 b, Dewez 1987.

(Montaigle-Sureau) Montaigle Dupont 1872, Sonneville-Bordes 1961, douteux (Otte 1979).
(Montaigle-Chêne ) Montaigle Dupont 1872, Sonneville-Bordes 1961.

Nutons Furfooz Van Beneden 1864, 1865, Dupont 1865, 1867, 1872, Dewez 1987.

Roc-La-Tour I Monthermé (France) Rozoy 1988, 1989.

Trou da Somme Waulsort (Rotche al Rue) Verheyleweghen 1958, 1959, Dewez 1987.
Léotard 1988, Lejeune 1993.

Trou Reuviau Furfooz Sonneville-Bordes 1961, Otte 1979.

Vaucelles Vaucelles De Loe et Rahir 1905, Bellier et Cattelain 1986.

Verlaine Tohogne Dewez 1987.

Walou Forêt-Trooz Dewez 1988.



Annexe 2 : Coquilles fossiles dans le Magdalénien du Bassin parisien

d'après Taborin 1994 (p. 77 et p. 71).

Etiolles Dentalium (diverses espèces et ind.) 28 ("une trentaine en U5"+4, p. 71).
Sycum bulbiformis 1 U 5
Tympanotonos sp. 1 U 5
Tympanotonos submargaritaceu 1 U 5
Potamides sp 1 P 15
Campanile giganteum 4 ("niveaux supérieurs")
   
Pincevent Turritella Haustator oppenheimi 1 habitation 1
   
Crommium (willemeti ?) 2 section 26
Ancillaria buccinoïde 2 section 26
   
Crommium willemeti (Ampulline) 23 section 27
Pseudolivella micans 1 section 27
(Natica) Cepatia cepacaea 1 section 27
Turritella Haustator oppenheim 1 section 27
   
Crommium (willemeti ?) 1 section 36
Potamides (Exechostoma) anglusus 1 section 36
Athleta (elevata ou mutata ?) 1 section 36
Batillaria pleurotomoïdes sp 1 section 36
Rhinoclavis sp 2 section 36
   
Marsangy Bayana lactea 1
   
Tureau des Gardes Bayana lactea 1
   
Verberie Bayana cf. lactea 1
Velates 1
Ancilla buccinoïdes 1
Terebia 1
Mesalia ? 1
Sycum bulbiformis Solander 1
Glycimeris sp 1
Turritella 1
Terebellata Lamack 1
Crinoïdes (qq. articles)
   
Ville St Jacques Dentalium aequicostatum 1

Total Bassin parisien : 92 coquilles, dont 30 Dentalium à Etiolles U5 et 23 Crommium à Pincevent 27.

* Tureau des Gardes : Renseignement dû à l'amabilité de A. Bridault que l'auteur remercie.

Annexe 3 : Fossiles dans le Magdalénien de l'Ardenne.

d'après Dupont (1872) et Dewez (1987)

* Coquille commune à Chaleux et à un ou plusieurs autres sites.
° Coquille commune au Frontal et à Verlaine.
@ Coquille commune à Magrite et à Verlaine.
# Coquille commune au Fontal et au Coléoptère et peut-être à Chaleux.

Bay-Bonnet Tertiaire Glycimeris sp. 1 ex.

Chaleux Secondaire : Une Rynchonelle.
Un fragment de Spongiaire du Crétacé, perforé.
Trois fragments de Spongiaires, dont un Jerea pyriformis.
Une cloison de Nautile gravée.
Tertiaire Un disque vertébral de poisson, perforé naturellement.
Trois dents de squale (Odontaspis ?).
64 coquilles (par ordre de fréquence) :
* Bayana lactea (Lmk).
* Glycimeris pulvinata (Lmk).
? Natica sp.
Ancillaria dubia
(Desh.).
Ancillaria buccinoïdes (Lmk).
* Bayana sp.
? Dentalium sp.
Cerithium crenatulatum (Desh.)
? Turritella adulterata (Desh.)
? Turritella cf. Solanderi (Mayer).
? Turritella cf. Vandini (Desh.)
Cypeae media (Desh.)
* Hipponyx cornucopiae (Lmk).
Les espèces de Dentales, de Turritelles et de Natica n'étant pas précisées à Chaleux, à Goyet et au Coléoptère, on ignore si ce sont ou non les mêmes

Coléoptère B Secondaire Une cloison de Nautile gravée.
Tertiaire Lyria harpula (Lmk).
? Turritella sp.
*
Bayana lactea (Lmk).
#Natica Willemeti (Desh.)
Sygmesalia intermedia (Desh.)
Glycimeris symetricus (Desh.)
Les trois coquilles "communes" avec Chaleux et les Turritelles manquent de détermination spécifique dans l'un ou l'autre des sites.

Frontal Primaire (Dévonien) Trois Orthoceras

Tertiaire ° Cerithium giganteum (Campanile) 1 ex
° Turritella Terebellata 1 ex
Turritella intermedia (Desh.) 2 ex
Melania lactea (Lmk) 2 ex
Pleurotoma filosa (Lmk) 1 ex
# Natica Willemeti (Desh.) 1 ex
Cerithium echinoïdes (Lmk) 1 ex
* Glycimeris pulvinata (Lmk) 3 ex
? Dentales 2 ex
Coquilles non déterminées 2 ex

Deux des trois coquilles "communes" avec Chaleux manquent de détermination spécifique dans l'un ou l'autre des sites.

Goyet Primaire fragment de polypier.

Secondaire Cloison de Nautile.  
Tertiaire * Glycimeris sp 1 ex
? Dentales  
? Turritelles (moules internes) 180 ex
Potamides papaveraceus (Basterot) 1 ex

Les espèces de Turritelles et de Dentales n'étant pas précisées, on ignore si ce sont les mêmes qu'à Chaleux.

Roc-La-Tour I Secondaire Jerea pyriformis (silicifié).
Le terrain étant très acide, les coquilles ne pouvaient subsister.

Rotche al Rue Tertiaire * Glycimeris sp.
Plusieurs fragments de coquilles non déterminables.

Trou Reuviau De ce petit site annexe du Trou du Frontal on ne possède que quelques outils et il n'y a pas de coquilles conservées. Mais il y aurait une autre entrée non fouillée (Dewez 1988, p. 183).

Vaucelles Ce site de collecte de bois de rennes femelles a fourni dans les fouilles modernes un nombre infime de déchets de silex. Aucune couche n'a fourni de parure. (Cattelain 1994). Les fouilles anciennes n'en avaient pas livré non plus (De Loe et Rahir 1905, Rahir 1928, Dewez 1987, p. 256).

Verlaine Secondaire 3 cloisons de Nautile.

Tertiaire Melanopsis buccinoïdes (Ferrussac) 3 ex
Sigmesalia regularis (Deshayes) 4 ex
Gravesicerithium gravesi (Deshayes) 2 ex
Tympanotonos conoïdens (Lmk) 1 ex
° Turritella terebellata (Lmk) 1 ex
@ Sycostoma bulbus (Solander) 1 ex
Cryptochorda stromboïdes (Hermann) 1 ex
* Hipponix cornucopiae (Lmk) 1 ex
° V. Campanile sp. ? (aff. auverniense (d'Orbigny) 1 ex

Walou La fouille de ce site est à peine commencée et la couche magdalénienne, datée du Bölling, paraît pour l'instant peu abondante. Mais le Bay-Bonnet, dans le même massif, à quelques dizaines de mètres, a fourni une glycimeris (ci-dessus).


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