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Docteur Jean-Georges Rozoy


Résumé des abréviations utilisées dans les articles : consulter la liste.

1959

Dr J.G. ROZOY :

QUELQUES VARIATIONS DES NIVEAUX DE LA MEUSE ET DE SES BASSES TERRASSES AUX ENVIRONS DE CHARLEVILLE AU COURS DES DERNIERS MILLENAIRES



Communication à la Société d'Histoire Naturelle des Ardennes le 5 avril 1958

Les hommes de science savent depuis longtemps déjà que les fleuves n'ont pas toujours coulé à leur niveau actuel, et qu'il faut chercher leurs traces anciennes, tantôt sur les hauteurs, et tantôt sous d'épaisses couches d'alluvions. Pour la Meuse, tout géologue ardennais vous parlera de la terrasse des Perrières, en face de Joigny, dans le coude de la route qui domine le lit actuel de 110 mètres (Bulletin de 1926, page 83) ; et des graviers qu'on exploita sur des sommets entre la Grandville et Gespunsart, 150 mètres au-dessus de l'actuelle vallée : l'ancien lit du fleuve trouvé au point culminant ! (Bulletin de 1946, page 9).

On parlera encore du détour de la Meuse par les vallées de la Vrigne et de la Goutelle (Bulletin de 1946, et de 1951, page 54), ou du méandre recoupé de Nouzonville.

Et, avec le Docteur BASTIN, on recherchera les cours un peu moins anciens dans les ballastières de Mézières (Bulletin de 1933, congrès A.F.A.S. 1934), etc.

Tout cela, cependant, a trait à des époques éloignées, tout cela est pensé à l'échelle géologique. Nul n'est plus étonné aujourd'hui d'un changement de niveau en quelques millions d'années, voire en 100 000 ou 300 000 ans : il semble tout naturel de rechercher les silex acheuléens à la base des graviers de Saint-Julien.

La perspective change lorsqu'il s'agit d'époques historiques ou presque, gauloise ou chalcolithique par exemple.

Sans parler de l'homme de la rue, les meilleurs esprits scientifiques locaux n'imaginent guère Charles de Gonzague fondant Charleville dans un autre cours de la Meuse que celui que nous connaissons. Le camp de Labienus sera cherché obstinément le long des mêmes méandres. Et si l'on trouve en 1955 des pieux à Montjoli dans un gravier ennoyé, le terme « cité lacustre » vient, aussitôt sur nos lèvres : en trois ou quatre milliers d'années, nul ne supposait un changement notable de niveau du fleuve ou de ses berges. Répétant l'erreur historique commise par tous les savants assemblés en 1858 autour des lacs suisses, nous interprétons aussitôt ces maigres troncs (10 à 15 cm) comme des pilotis soutenant au-dessus d'un immuable niveau de l'eau les planchers des habitations, avec leur traditionnelle couche de glaise (10 cm), les murs en torchis, le toit, des habitants (et même le bétail), sans compter les foyers en pierres, les feux des fondeurs (il y avait à Montjoli des scories de bronze), et les réserves de grains et de fourrage de ces agriculteurs... qui étaient d'ailleurs capables, avec leurs haches de pierre, de couper des arbres bien plus gros.

Le présent article n'a pour but que d'apporter au problème des niveaux quelques observations glanées le long des rives... et dans de vieux bouquins, et qui rendront service pour l'étude des implantations humaines le long de la Meuse.

Voici tout d'abord celle qui fut à l'origine de mes doutes. J'exploite depuis un an, à Villers-Semeuse, un gisement de surface mixte néolithique (chalcolithique plus probablement) et gallo-romain, au lieu-dit Lignicourt. On m'excusera de ne pas le désigner plus explicitement, mais il importe pour l'étude scientifique que tous les objets soient dans une seule main pour établir des séries. D'ailleurs, le gisement a été découvert par M. VIOT, et non par moi. M'y étant donc rendu au mois de mars 1958, je constatai, non sans stupéfaction, que la récente inondation était venue jusque là, recouvrant la partie inférieure du gisement de plus d'un demi-mètre d'eau. L'inondation de 1955 devait donc y avoir atteint environ 1 mètre 50, sinon plus. Or, il s'agit, au point de vue gallo-romain, d'un gisement extrêmement riche, avec abondance de très belle poterie faite au moule, dont je vous présente ici quelques spécimens. Il y a également des pavés de dallage et autres éléments laissant espérer un hypocauste comparable à celui déjà fouillé en 1957 par M. VIOT, 500 mètres au S.E.. Il est absolument hors de doute que le richard gallo-romain du IIIe ou IVe siècle ne s'était pas installé les pieds dans l'eau. M. VIOT avait déjà remarqué que les inondations devaient (actuellement) atteindre le pas de la porte de la maison à hypocauste déjà fouillée — et emplir la cave et le foyer par infiltrations, bien entendu. Ici, il ne s'agit plus de menaces, mais d'un rez-de-chaussée envahi (même s'il était au niveau actuel, ce dont je doute), jusqu'à hauteur d'homme. Il nous faudrait donc admettre une variation de niveau, en 1 600 ans, d'au moins trois mètres. Cela, direz-vous, ne s'applique qu'au niveau des inondations. Et M. BESTEL me faisait remarquer avec juste raison, que les travaux de toutes sortes avaient pu en modifier l'allure. Tout d'abord, il faut noter qu'en cas de crue, tous les barrages sont abattus et n'ont par suite ici aucune influence ; le rétrécissement du lit majeur par des remblais (comme à Montjoli) est un argument plus solide en faveur d'un niveau artificiellement plus élevé ; cependant, ce motif ne peut jouer à Villers-Semeuse, car le seul remblai important en amont est le triage de Lûmes, à 6 km, au niveau 150, alors que mon gisement est à 145, c'est-à-dire le niveau normal de la Meuse à Elaire après le triage.

Le triage de Lumes ne représente d'ailleurs dans l'immense prairie Sedan-Charleville qu'une surface insignifiante, compensée de plus par les extractions de gravier qui ont servi à former son ballast, et d'autres. Quant à l'obstacle constitué en aval par le dépôt de Mohon, il n'est pas non plus une entrave sérieuse puisque l'eau a atteint sensiblement les mêmes cotes (145) en aval (à Prix-La Warenne) et en amont (à Semeuse). S'il y a un obstacle, nous devons le chercher un peu plus loin — et nous verrons qu'il y est, mais sa nature n'est pas humaine.

Monsieur BESTEL m'a fait observer également que les inondations étaient sans doute plus importantes en raison du déboisement de l'ensemble du bassin, qui de ce fait retient moins bien les eaux. Le ruissellement est plus rapide et la crue, violente et brève. De fait, depuis un demi-siècle, les grandes crues sont plus fréquentes. Cependant je ne crois pas qu'on puisse retenir cet argument pour suffisant car il devrait jouer tout le long du cours de la Meuse, et plus particulièrement dans la partie encaissée de Montcy à Ham-sur-Meuse. Or, c'est le contraire qui advient, ce remblaiement s'observe de Sedan à Charleville. Et d'ailleurs, les gallo-romains avaient déboisé autant que nous.

Ajoutons, avant de quitter Villers-Semeuse, une observation importante : il y avait par endroits, dans le pré qui sépare mon champ de la Meuse, jusqu'à 5 cm de sable apporté par l'inondation en une seule crue.

Il y en avait moins sur le champ labouré, faute d'herbes pour le retenir. Mais derrière un obstacle fortuit, haut d'un mètre, s'adossait un tas de 60 cm (soixante centimètres). Il s'agit d'un sable fin, absolument analogue à celui que l'on trouve dans les couches supérieures des gravières de St-Julien, et que j'ai signalé dans ma communication l'an passé comme révélé également par une tranchée devant les Nos 65-75 de la route de Warcq (à Mézières). Nous avons ici l'occasion d'en observer le dépôt, et avec une singulière abondance. Je suis toutefois battu sur ce terrain par M. Jacques LUBIN, qui en a constaté jusqu'à 40 cm (quarante centimètres) en couche continue, dans un champ de la boucle de St-Julien à Mézières. Le dépôt évidemment, n'est pas partout aussi abondant, mais comment s'étonner dès lors, que, fixé chaque année par la végétation qui croît au travers, il puisse en quelques siècles modifier le panorama ? Nos malheureux terrassements de Montjoly et de Lumes ne sont guère plus que des crottes de moineaux à côté de ces puissantes couches d'alluvions déposées encore aujourd'hui sous nos yeux, et qui sont le véritable mécanisme d'aggravation des crues. Je dis bien : le mécanisme, la cause est plus profonde.

Ces observations de dépôts abondants sont corroborées par diverses trouvailles faites dans la basse terrasse tout au long de la Meuse entre Sedan et Montcy.

A Villers-Semeuse encore, lieu dit. les Trous de la Warenne, un sondage entrepris par moi l'an passé a fourni une couche gallo-romaine à 60 cm de profondeur. La pluie a interrompu mon travail en emplissant le trou, et je ne sais pas encore comment les objets se sont déposés là. Il semble cependant qu'il s'agisse, de 60 à 90 cm, de débris roulés par l'inondation. Il n'y a, en tout cas, aucun vestige plus récent en dessous de 20 cm. Voilà donc encore un remblai notable. A Villers-Semeuse encore, un puits creusé dans la basse terrasse aurait fourni du bois travaillé à 3 ou 4 m de profondeur.

A Mézières, la ballastière Froussart dont le Docteur BASTIN avait étudié exclusivement les couches inférieures, en passionné qu'il était des époques paléolithiques les plus reculées, nous a fourni, à Viot, Lubin et moi-même, l'an dernier, un niveau archéologique (chalcolithique très probablement) sis à la base de l'argile, au-dessus des graviers, mais à 2 m (deux mètres) sous la surface actuelle du sol. La pelleteuse ayant enlevé environ 1,90 m de terre, il nous est resté quelques centimètres d'argile qui contiennent, en place, des os (friables, mais non effrités) et des débris de poterie grossière, associés à des silex taillés et à un morceau de meule en granite. Il n'a pas pu être observé encore de niveau organisé, mais une telle découverte n'est pas impossible. En tout cas, voilà un point qui s'est exhaussé de deux mètres au moins depuis l'époque néolithique (4 000 ans environ, peut-être moins). Ajoutons qu'une telle découverte nous laisse perplexe quant aux silex, paraissant de la même époque, que nous trouvons en surface, aux environs immédiats. Il semble bien, en tous cas, que le sol de la presqu'île soit truffé de silex taillés sur une épaisseur atteignant au moins 2 mètres par endroits. En particulier, c'est le cas pour la terre qui a été transportée de l'autre côté pour remblayer le site de Montjoli, et qui provient, pour partie, du décapage de surface de cette ballastière (le reste vient des déblais de carrières du Vivier-Guyon). (Il a aussi été apporté de la terre de St-Julien pour établir les parterres de gazon de la place de Nevers et des rues avoisinantes).

Donc, à l'extrémité de la presqu'île de St-Julien, remblai de 2m au moins depuis l'époque néolithique, dont les traces sont encore au-dessus du niveau de la Meuse. Il est vrai qu'il s'agit à cet endroit d'un fleuve très diminué, en dehors des crues, par le détournement au profit des turbines Clément-Bayard. C'est sans doute ce qui explique que les gués pavés des Romains à la Chapelle Saint-Hilaire et à Montjoli soient encore presque praticables.

Venons-en maintenant au site de Montjoli, à Charleville. On y trouve beaucoup de choses. Tout d'abord, sous une couche de 2 m de loess (?), une de gravier de 45 cm, dont la partie moyenne correspond au niveau normal du fleuve. En dessous du gravier, nous trouvons une couche d'argile, avec des débris végétaux divers, des noisettes, des noyaux de pêches (!) et des débris de cuir étalés sur une grande surface (excluant donc l'idée d'une tranchée ou latrine). Parmi ces cuirs, trouvés rappelons-le, à 2,50 m sous le niveau actuel de la prairie (qui est inondée chaque année), il s'en trouve un portant la fleur de lis dans la forme Louis XIV-Louis XV et aussi une brosse à chiendent portant la marque de fabrique Roynette (tous ces détails viennent de M. VIOT, qui a participé aux fouilles). Voilà donc encore un remblai de 2,53 mètres en 300 ans.

Sous la couche Louis XIV se trouve un sable terreux avec des débris gallo-romains (épaisseur 0,50 m) ; et à 3 m commence le gros gravier avec des silex taillés et une écuelle néolithique portant les empreintes digitales du potier ; et aussi un débris de crasse de fonderie de bronze (époque chalcolithique).

Tout l'ensemble, de la base du gravier supérieur, jusque profondément dans le gravier inférieur, est traversé par les pieux interprétés comme « palaffites » jusqu'à présent. Je pense, pour ma part, avec Oscar PARET, qu'il n'y a pas eu là, plus qu'ailleurs, de cité lacustre, mais tout bonnement des maisons en bois et torchis édifiées en terrain sec, sain (assaini par le gravier) et qui ont été envahies par le relèvement du niveau des eaux ; les cloisons de torchis se sont effondrées et délayées dans l'eau, les pieux enfoncés dans le gravier ont subsisté, et entre eux se sont déposés successivement le gravier plus fin, encore néolithique, le sable terreux gallo-romain (âge du fer), puis l'argile Louis XIV, à mesure que la profondeur diminuait et que le courant était moins fort. Par dessus vient un nouveau gravier trahissant une modification du lit (peut-être les travaux de Vauban coupant l'isthme de Mézières ?), et enfin un « loess » déposé plus par l'inondation que par le vent.

Le relèvement initial, et assez brutal, du niveau des eaux peut assurément être attribué à une modification climatique comme nous savons qu'il y en eut par deux fois au moins vers 1 800 et vers 800 A.C.

Mais, à la différence des lacs suisses, la Meuse subit aussi un relèvement permanent, et qui dure toujours comme nous le voyons par le remblai considérable qui s'opère encore de nos jours (malgré le dragage régulier) en amont de Charleville ou, plus exactement, de Monthermé (quoiqu'avec une intensité moindre de Montcy à Monthermé, on comprendra aisément pourquoi).

Citons encore rapidement d'autres traces : poteries gallo-romaines à 4m50 de profondeur à Lumes (Ballastière) (notre Bulletin 1932, p. 2).

Restes gallo-romains de Romery cités par l'Almanach Matot Braine de 1880 p. 120 et F.X. Masson (Annales Ardennaises p. 312) : il s'agit de rez-de-chaussée gallo-romain à 2m30 au-dessous du niveau actuel de la Meuse à l'étiage. Rappelons que cet endroit, qui fait face à celui dont nous parlions au début, est situé peu en dessous du barrage et que celui-ci n'a donc aucun effet pour y relever les eaux.

Les trois gués romains (gués pavés) situés à cet emplacement sont actuellement recouverts par 2 à 4 m d'eau au moins, ce qui confirme la hausse du niveau.



— Les ballastières de Villers-Semeuse (juste en face de Romery) ont fourni deux éléments : l'un, un bois, de cerf travaillé à l'âge des métaux, trouvé dans le gravier (notre Bulletin, 1928, p. 99). Ce gravier, pour ses parties supérieures, est donc géologiquement fort récent. L'autre trouvaille a été faite dans la terre de surface, un kilomètre plus au Sud : ce sont des sépultures gauloises du Marnien I et II (500 à 100 A. C.) (Revue historique Ardennaise 1912 p. 164, Bulletin de la S.A.C. 1936 p. 58). Il est absolument certain que les Gaulois n'auraient pas enterré leurs morts (avec leurs bracelets, colliers et bijoux) dans un terrain inondé chaque année.

— Une ballastière de Nouvion a fourni un crâne et des ossements de chien à 3m50 (1m de terre et 2m50 de gravier) ainsi que des bois de cerf travaillés (notre Bulletin 1933 p. 85 ; 1911 p. XXIV et Bull. S.A.C. 1933 p. 2). Bois de cerf travaillé à l'époque néolithique également, à Nouzonville, à 4 m. (2 m. plus bas que la Meuse) (notre bulletin 1929 p. 96).

— Sépultures franques (gallo-romaines ?) à Vrigne-Meuse, lieu-dit Les Rutes.

— Marteau et enclume d'une forge du XVIIe siècle à Pont-Maugis à 2 m au-dessous du niveau actuel de la Meuse (Hannedouche, dictionnaire historique des communes de l'arrondissement de Sedan, Sedan, Laroche 1891, p. 382-383). Hannedouche et Meyrac parlent également d'une pierre Bayard à Pont-Maugis près du fleuve : sans doute un mégalithe qui a été recouvert par les sédiments.

— Enfin, l'ancien village de Rimont, sous Flize : l'endroit est actuellement marécageux, inondé chaque année. Il ne l'était certainement pas il y a quelques siècles.

On trouverait sans doute facilement d'autres observations montrant soit les modifications du niveau de l'eau, soit l'importance du remblai. Il est à souligner qu'au cours de mes recherches bibliographiques, je n'ai trouvé de tels faits que pour la partie du cours de la Meuse située en amont de Nouzonville, et jusqu'à Sedan. Les habitués de la géologie des Ardennes en saisiront facilement la raison : c'est le relèvement du socle primaire de l'Ardenne, qui s'est effectué en bloc, entraînant le surcreusement des méandres sur place. On sait que ce relèvement a son maximum à Monthermé. Dans la partie primaire il n'y a que très peu dé remblaiement, mais au contraire poursuite du creusement qui n'a pas encore rattrapé le relèvement des schistes. Il est d'ailleurs probable que celui-ci se produit. En amont, par contre, le fleuve est en perte de vitesse et les sédiments s'accumulent dans la vallée, appuyés à Charleville sur le schiste : les observations de M. BESTEL montrent qu'au pied du Mont-Olympe le fleuve coule sur le schiste, sans gravier de fond. Dans quelques dizaines de milliers d'années, si le schiste est assez usé (et s'il ne se relève plus) la Meuse enlèvera, de Charleville à Sedan, les graviers sur lesquels elle coule actuellement, et reprendra l'érosion des roches sous-jacentes. Mais, pour l'instant, elle continue d'accumuler des sédiments qui encombrent aussi bien son lit ordinaire que son lit majeur, et qui sont la cause de l'aggravation continuelle des inondations, dont la vallée de la Bar nous fournit l'exemple le plus typique, et le plus désolant pour ses riverains.

CONCLUSION

Les trouvailles faites à diverses profondeurs dans la basse terrasse de la Meuse, de Sedan à Nouzonville, montrent que sur beaucoup de points cette basse terrasse est de constitution fort "récente", tout au moins pour les couches superficielles. Le remblaiement, dû au relèvement du socle primaire, se poursuit sous nos yeux et peut atteindre un mètre par siècle. Le niveau de la Meuse et celui atteint par les inondations se sont l'un et l'autre relevés de 2 à 3 mètres au moins depuis l'époque gallo-romaine (IIIe et IVe siècles). Ce relèvement se poursuit et s'ajoute à celui qui, à la fin de l'âge du bronze, par suite de modifications climatiques, a submergé les habitations dont les restes sont décrits sous le nom de cités lacustres.


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